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Vers un tourisme durable au Maroc

Tourisme durable et développement local

Texte Universitaire 2016 53 Pages

Tourisme

Extrait

Table des Matières

AVANT PROPOS

Introduction

Chapitre I : Revue de la littérature
1- Le tourisme
A - Généralités
B - Le tourisme à travers le temps
C - L’apparition des tendances environnementalistes et durables
D - Le tourisme au XXIème siècle
2- Le tourisme durable
A - Définition du concept
B - La demande en tourisme durable
C - Les raisons de cette demande
D - Les freins au développement du tourisme durable
3- Les motivations envers un tourisme durable
A - Les motivations liées au pilier environnemental
B - Les motivations liées au pilier social
C - Les motivations liées au pilier économique

Chapitre II : Les stratégies de développement touristique au Maroc : visions « 2010 », « 2020 »
1. VISION « 2010 »
A - Une performance remarquable
B - Une contribution décisive aux grands équilibres macro-économiques
C - Les ruptures de la Vision 2010
2. VISION « 2020 » EN BREF
A . Engagement
B . Ambition
C . Objectif
3. LE TOURISME DURABLE DANS LA STRATÉGIE

Chapitre III : Etude de cas « TERRES d’AMANAR »
1. Présentation du Projet
2. Le concept de la durabilité dans ce projet
3. Le côté environnemental dans ce projet
4. Les actions sociales dans ce projet

Conclusion

Bibliographie

REMERCIEMENTS

J’adresse mes infinis et sincères remerciements

- A l’éternel Dieu tout puissant, à qui je dois la vie et sans qui je ne serais parvenu à la réalisation de ce travail.
- A mon encadrant Mme. Fatima Zohra GUERTAOUI, qui a bien voulu dirigé mes recherches. Merci pour votre disponibilité et vos orientations et votre patience qui ont guidés mes travaux. Ainsi que Mr. BAKHAT, Mme. REDDAD et Mr IDALI, qui m’ont fait l’honneur d’être mes Professeurs.
- A l’administration et le corps professoral de l’FLSH ne saurait rester en marge, car ils ont largement contribué à l’édification de mon profil pour la carrière que j’espère bâtir dans le domaine touristique.
- De tout mon être et du fond du cœur je remercie ma famille, ma mère ARIF SAIDA, mon père SALAH ANIBA, ainsi que mon frère et sœurs pour leur amour, leur soutien moral et financier.
- J’ouvre ici mon cœur à tous ceux qui ont contribué de prêt ou de loin à l’élaboration de ce mémoire, et j’adresse à tous mes sincères remerciements.

Abstract

For several years, tourism has played a very important role for Morocco. Thanks to the visions defined to develop this sector, tourism is developing more and more, it now represents a very important rate in the country's economy. Yet the government does not have a specific strategy and considered in order to engage Morocco in a tourism policy that is suitable truly in the country. It seems that the development of tourism is still vague and contradictory. The actors in the sector only think about the development short term. So, this caused a lot of problems for society and the country's environment. On the other hand, with its current potential, Morocco could to grow tourism not only for the economy but also to protect the environment and society. That's why we choose the sustainable tourism. This is a new way for Morocco tourism. We hope it will be effective for this developing country

AVANT PROPOS

Depuis plusieurs années, le tourisme joue un rôle très important pour le Maroc. Grâce aux visions définit pour développer ce secteur, le tourisme se développe de plus en plus, il représente maintenant un taux très important dans l’économie du pays. Pourtant, le gouvernement n’a pas une stratégie spécifique et réfléchie afin d’engager le Maroc dans une politique touristique qui convienne véritablement au pays. Il semble que le développement du tourisme soit encore vague et contradictoire. Les acteurs du secteur ne pensent qu’au développement à court terme. Donc, cela a causé beaucoup de problèmes pour la société et l’environnement du pays. En revanche, avec son potentiel actuel, le Maroc pourrait faire croître le tourisme non seulement pour l’économie mais encore pour protéger l’environnement et la société. C’est la raison pour laquelle nous choisissons le tourisme durable. C’est un chemin encore nouveau pour le tourisme du Maroc. Nous espérons que ce sera efficace pour ce pays en voie de développement.

Introduction

Depuis longtemps, le Maroc est très connu comme pays touristique grâce à ses vestiges culturels, et sa tradition impressionnante. Des gens riches d’imagination comparent souvent Maroc à un lavis d’encre décrivant montagnes, plaines, fleuves, mers, lagunes, … En effet, la nature a donné au Maroc de nombreux paysages ravissants qui l’ont rendue charmant, poétique et pittoresque. L’environnement a donc beaucoup contribué au développement du tourisme dans le pays en attirant davantage de voyageur au Maroc.

En dépit de la libération économique permanente et des pressions de développement rapide, ce pays est toujours bien géré pour conserver sa civilisation et sa culture très riches qui fondent la société. Les gens qui visitent le Maroc, sont séduits par la beauté sublime du pays naturel : Il y a des plages divines suivant le long de l’océan Atlantique et la mer méditerranée tandis qu’à l’intérieur, c’est la chaine des montagnes Atlas n’oublient pas le grand Sahara du sud qui est fameux par ces collines de sable.

Il est évident que les retombées du tourisme au Maroc jouent un rôle primordial dans la croissance économique du pays.

Pourtant, le développement du tourisme doit contribuer à la Protection de l’environnement communal - Respect de la personne, des cultures et de la nature - Amélioration de la vie des gens locaux par les profits du tourisme durable et bien sûr Croissance de l'économie.

Eu l'égard à l'importance de cette activité, vu ses enjeux économiques sociaux et environnementaux, la question de la durabilité de l'activité touristique est donc un sujet de préoccupation croisant. De fait, le développement durable est devenu dans les discours, la référence d'un grand nombre de politiques publiques et d'initiatives dans le domaine du tourisme.

C'est pourquoi, cette étude porte sur les questions suivantes :

- Quelle est la situation du tourisme durable au Maroc aujourd’hui ?
- Qu’est-ce qu'on doit faire pour développer le tourisme durable au Maroc ?

C'est la raison pour laquelle, le Maroc, un jeune pays en voie de développement, on commence à avancer un tourisme durable, c'est une tâche qui implique toutes les parties prenantes : tours opérateurs, voyagistes, professionnels de l’hôtellerie, dela restauration, gestionnaires d’espaces naturels, collectivités locales... On doit soutenir de nombreuses initiatives des acteurs du tourisme : amélioration énergétique des bâtiments touristiques, intégration d’énergies renouvelables en hôtellerie et campings, création du concept d’écogites ou promotion des écolabels Marocains. On incite également les touristes à privilégier des services touristiques plus respectueux de l’environnement.

Chapitre I : Revue de la littérature

1 - Le tourisme

A- Généralités

Le mot « Tourisme » est un dérivé du mot anglais « Tourism ». Celui-ci est lui-même issu de la fusion de deux mots : « Tour » qui en ancien français signifiait un circuit en boucle fermée ainsi que du mot « Ism » qui est un suffixe provenant lui-même du latin « Ismus ».

La définition historique pourrait à la vue de l’étymologie se traduire par un voyage réalisé dans un circuit fermé, ce qui serait donc assez réducteur à la vue de ce qu’est devenu aujourd’hui le tourisme.

Historiquement, ce sont les anglo-saxons qui utilisèrent en premier lieu cette notion de tourisme. Ce fut le cas notamment lors de diverses assemblées de la SDN (Société des Nations), illustre prédécesseur de l’ONU (Organisation des Nations Unies) d’aujourd’hui.

Aujourd’hui, il est difficile de donner une définition précise de ce qu’est le tourisme tant celle-ci diffère en fonction des différents courants de pensées. Synthétiquement, on pourrait dire que le tourisme est le fait que des personnes exercent des activités en dehors des lieux qu’elles fréquentent habituellement afin d’effectuer toutes sortes d’activités professionnelles, personnelles, se rapportant à leur travail ou à leurs loisirs sans excéder une durée de un an et sans être rémunérées.

A l’origine, la notion de tourisme évoquait les loisirs, les bienfaits sur la santé (grâce notamment au tourisme dans les stations balnéaires de la côte Normande lors du XXème siècle). D’ailleurs, il n’est pas rare d’entendre encore de nos jours des rapprochements erronés qui insinuent que tourisme est synonyme de loisir. Toutefois, cette vision d’association entre les notions de tourisme, loisir et santé a évolué au fil des années du fait notamment de la place de plus en plus prépondérante qu’a pris l’aspect économique dans la société contemporaine.

Le tourisme est une activité particulièrement ancienne qui remonte à de nombreux siècles en arrière mais qui a connu notamment au cours du XXème siècle, une véritable expansion. Devenu une industrie à part entière dotée d’une croissance exponentielle, le secteur touristique est aujourd’hui pourvoyeur de nombreux emplois à travers le monde et plaque tournante d’une véritable économie.

Le tourisme peut prendre aujourd’hui de nombreux visages et se pratiquer de diverses façons :

- Le tourisme de masse qui se traduit par une surpopulation en un endroit entrainant une baisse des coûts directs pour les touristes mais engendrant en parallèle un impact négatif sur l’environnement local.
- Le tourisme culinaire qui est en perpétuelle évolution depuis quelques années. Ce type de tourisme est issu d’une recherche d’authenticité. Le touriste choisit sa destination par rapport au type de cuisine qui lui sera proposé et à la renommée de celle-ci. Par exemple, la France du fait de son terroir et de sa richesse gastronomique est fortement prisée par les pratiquants du tourisme culinaire.
- Le tourisme religieux via notamment les pèlerinages : vers La Mecque pour les personnes de confession musulmane, vers Saint Jacques de Compostelle pour les catholiques ou encore pour les Juifs se rendant à Jérusalem, etc.
- Le tourisme solidaire qui est un tourisme alternatif durant lequel en marge de ses « vacances », le touriste apporte son aide dans des projets humanitaires et/ou sociaux.
- Le tourisme sportif résulte du désir des voyageurs de consacrer énormément de temps à une pratique sportive lors de leurs vacances. Cela se traduit notamment par le choix de la destination qui serait en adéquation avec leur volonté. Ex : Venir en France pour réaliser certaines étapes du tour de France cycliste, se rendre en Himalaya pour effectuer des treks et de l’alpinisme, etc.
- Le tourisme durable qui se base sur le strict respect des trois piliers du développement durable (environnement, social, économie) lors de voyages touristiques.
- Le tourisme de mémoire ou tourisme mémoriel qui s’est nettement développé dans les pays où se déroulèrent des guerres notamment. Il s’agit d’un tourisme visant à promouvoir le patrimoine historique d’un endroit lorsqu’un évènement historique s’y est passé. Ex : Plages du débarquement, Chemin des Dames, Visite des camps de concentration, etc.
- Le tourisme sexuel qui est le désir d’aller à l’étranger dans le but d’avoir des relations sexuelles consenties avec une personne de nationalité étrangère, bien souvent mineure. Ex: Tourisme sexuel en Thaïlande.

Le terme tourisme semble donc avoir eu différents sens au gré des années étant donné qu’il ne s’est pas toujours rapporté aux mêmes notions (loisir, travail, etc.). Il a évolué en fonction de la société et s’est adapté aux hommes et à leurs désirs qui évoluent eux-mêmes d’années en années et de siècles en siècles. La définition que s’en font actuellement les pratiquants est de loin, bien différente de celle que s’en faisaient les anglo-saxons il y a près d’un siècle lorsque la notion de tourisme a été abordé pour la première fois auprès de la Société Des Nations, aux alentours de 1920.

Pour bien comprendre cette évolution et mieux percevoir ce qu’est réellement le tourisme, un retour en arrière s’impose afin de s’imprégner de toutes ses composantes.

B- Le tourisme à travers le temps

Si le terme « Tourisme » n’est apparu qu’au XXème siècle, sa pratique quant à elle remonte à l’Antiquité. En effet, on pourrait qualifier les Jeux Olympiques Antiques de pionniers en matière de tourisme. Il n’était pas rare de voir affluer des spectateurs venus des quatre coins de l’empire romain, de toute la diaspora grecque afin d’assister aux différentes épreuves. Cet afflux de spectateurs entraina tout naturellement la construction des premières infrastructures d’accueil (gites, restaurants, etc.), mettant donc en place tout un système touristique et logistique qui n’a rien à envier à celui actuel. Ainsi, un intérêt pour le sport, pour la culture ou encore pour l’art engendrait déjà à cette époque des voyages pouvant s‘apparenter à une forme de tourisme. Par ailleurs, en ces temps anciens, au sein de l’empire Romain, il était fréquent que les classes aisées se fassent construire des villas à la campagne. L’objectif était alors de se détendre après de longues journées dédiées à la politique ou aux affaires. Les préceptes du tourisme actuel sont donc nés à cette époque.

De l’Antiquité jusqu’à la fin du Moyen Age, les voyages à autre but que ceux liés au travail se sont fait extrêmement rares. Cela est dû notamment à l’insécurité ambiante qui régnait alors sur les routes dues aux attaques de brigands ainsi qu’aux multiples invasions de barbares venus de terres lointaines.

Le XVIème siècle fut propice à la redécouverte des formes de voyages pratiquées jadis et s’apparentant au tourisme. En effet, les multiples guerres effectuées en Italie ont permis à de nombreux européens de prendre connaissance des idées développées lors de la période de la Renaissance Italienne. Il s’ensuivit donc un tourisme dit culturel qui fut notamment dynamisé par la présence des œuvres de nombreux artistes en Italie : Leonard De Vinci, Raphaël, etc. L’Italie devint à l’époque la destination la plus prisée de tout le continent européen.

Lors du XVIIème siècle, ce sont les aristocrates anglais qui permirent au tourisme de connaitre un véritable engouement. La méthode répandue et prisée par les anglais à l’époque était d’effectuer ce qu’ils appelaient le « grand tour », qui consistait à voyager partout en Europe afin de parfaire leur éducation et d’opposer leurs propres idées à celles des autres. C’est également lors de ce siècle, qu’apparurent les premières agences et guides de voyages.

Le XVIIIème siècle, plus couramment appelé siècle des lumières, le fut également pour le tourisme. En effet, il est coutume de dire que la naissance du tourisme actuel prend racine lors de ce siècle. Cela s’explique notamment par le fait qu’il s’élargit à une nouvelle clientèle, n’étant plus à la portée seulement d’une certaine élite mais pouvant être abordable pour la bourgeoisie, les zones géographiques s’étendent. De surcroît, les activités se diversifièrent avec la création des premières stations thermales ou encore des activités en lien avec la montagne comme l’Alpinisme par exemple.

Si la « naissance » du tourisme s’est déroulée dans les années 1700, c’est bien durant le XIXème siècle qu’il a connu une croissance importante. En effet, a vu le jour lors de ce siècle une véritable filière économique dédiée au tourisme entrainant l’apparition de nombreux aménagements ce qui ne fut pas sans causer des désagréments à l’environnement et aux populations locales. Toutefois, il faut souligner que malgré son développement, le tourisme n’est pas encore abordable par toutes les couches sociales mais accessibles seulement à l’aristocratie et à la bourgeoisie aisée du fait de son coût. De même, le développement des infrastructures suite à la révolution industrielle, la création de voies ferrées par exemple a également joué un rôle important dans le développement du tourisme étant donné qu’ils permettaient des déplacements plus rapides. C’est également à cette époque qu’apparurent des premiers clubs comme des clubs d’Alpinisme. De la création de ces clubs, en résulta une véritable filière faisant par exemple de Chamonix, la capitale mondiale de l’Alpinisme, attirant ainsi une foule innombrable d’amateurs de sensations fortes, ce qui est d’ailleurs toujours le cas aujourd’hui.

L’accroissement du tourisme s’est poursuivi durant le XXème siècle. En effet, le tourisme balnéaire est devenu de plus en plus prisé par les touristes. L’explosion du tourisme est également due en France aux réformes du front populaire grâce auxquelles en 1936, les congés payés ont vit le jour. Toutefois, il est coutume de dire que le phénomène touristique s’est imposé à toutes les classes sociales seulement après la seconde guerre mondiale. A partir des années 1950, jusque dans les années 1980, a eu lieu la période des trente glorieuses. Cette période propice au développement économique a permis aux ménages d’augmenter leur pouvoir d’achat et ce qui va de pair, leur niveau de vie. Le tourisme est ainsi devenu une activité pour tout public grâce aussi notamment à l’augmentation de l’espérance de vie, à l’extension des périodes de congés payés ou encore à une retraite obtenue plus prématurément.

C’est durant la fin de ce siècle qu’est également apparu le fameux phénomène appelé, tourisme de masse. Ce type de tourisme, qui est devenu de loin le plus pratiqué, résulte de l’augmentation de la demande, de la facilité d’accès aux infrastructures permettant d’aller plus loin en voyage et de se loger plus facilement. Le tourisme de masse est un type de tourisme non durable qui génère une concentration de population en un endroit de faible superficie engendrant de ce fait une pollution sonore, visuelle, olfactive ou physique et la construction de nombreuses infrastructures.

A contrecourant de ce phénomène, sont apparues des tendances environnementalistes qui prennent aujourd’hui de plus en plus d’impact dans le choix des vacanciers.

C- L’apparition des tendances environnementalistes et durables

Les premières préoccupations dans le tourisme liées à l’environnement apparurent au XVIIIème siècle. En effet, à cette époque les prémices de ce qu’on pourrait appeler un « tourisme vert » furent engendrées par des auteurs célèbres tels que Lamartine ou Rousseau qui avaient une admiration prononcée pour le milieu naturel qui les entourait.

Toutefois, devant la nouveauté du concept, cette sensation de liberté que représentait le tourisme, la question environnementale fut légèrement mise de côté jusqu’à la deuxième partie du XXème siècle. En effet, dans les années 1970, il est apparu dans les pays anglophones une nouvelle forme de tourisme : l’écotourisme. Celui-ci a connu un développement grâce notamment aux prises de consciences collectives sur la question environnementale, laquelle était largement médiatisée à cette époque.

L’intérêt pour un tourisme vert, un écotourisme a été motivé par un intérêt croissant des populations pour la nature et les voyages en plein air. La demande pour des pratiques respectueuses, sensibles et durables du tourisme a grandi rapidement dans les années 80 (Saarinen, 2006). Ce tourisme était et est toujours basé sur un total respect de l’environnement, une immersion dans la nature qui se traduit par un retour à la simplicité loin des complications de la vie quotidienne surtout lorsque celle-ci est citadine.

Terme difficile à définir, l’écotourisme fut le pionnier des aspirations environnementales, responsables et durables que prirent certaines formes de tourisme. En 1992, l’écotourisme fut défini par la société internationale d’écotourisme comme une forme de voyage responsable dans les espaces naturels qui contribue à la protection de l’environnement et au bien-être des populations locales (The International Ecotourisme Society, 1992).

La demande envers ce tourisme parallèle s’est accrue au fil des années jusqu’à devenir aujourd’hui un segment à part entière de l’offre touristique. Lorsqu'on s'intéresse au secteur du tourisme, on observe une évolution qui parait se renforcer depuis dix ans. Il s'agit d'une demande qui serait qualifiée de plus "environnementale" (Guillon, 2004).

Cet écotourisme est le précurseur d’un phénomène bien plus grand qui est celui du tourisme durable. En effet, de ce concept sont venus se greffer d’autres formes de tourisme alternatif, tels que le tourisme solidaire qui promeut l’entraide lors des voyages, le tourisme positif, etc.

Si ces notions de durabilité, de responsabilité, d’entraide ou de solidarité sont apparues au XXème siècle, elles se font de plus en plus présentes au XXIème étant donné les dommages causés par notre façon de pratiquer aujourd’hui d’une manière générale, le tourisme. Une prise de conscience comparable à celle des années 1970 se généralise et, on observe une réelle volonté de changement dans notre façon de voyager. Toutefois, en ce début de troisième millénaire, au vue de la conjoncture économique, le tourisme de masse demeure le leader et génère une véritable économie.

D - Le tourisme au XXIème siècle

La situation du secteur touristique au XXIème siècle est conforme aux prévisions du siècle précédent. Le secteur a poursuivi son élan économique, de prospérité et d’expansion. En effet, de nos jours, le tourisme est devenu un acteur incontournable de l’économie mondiale. Le tourisme représente aujourd'hui la première industrie mondiale (Brieu- DurifPrim Allaz-Roy, 2011).

Loin de se freiner, le développement du secteur touristique connait une croissance en continue, non exponentielle mais significative chaque année. Cette version est confirmée par de nombreuses statistiques comme le souligne RUIZ, lorsqu’il indique que le tourisme connait une croissance régulière de l'ordre de 4 à 5% chaque année depuis une décennie et que les prévisions tablent sur une croissance de 4,4% pour les dix ans à venir (Ruiz, 2013). Ces chiffres démontrent donc l’importance et le poids que revêt aujourd’hui le tourisme dans nos cultures. Les chiffres publiés par l’Organisation Mondiale du Tourisme en 2012 corroborent la montée en puissance du secteur touristique :

Figure 1. : Les chif f res du touris me mond ial p our l’année 2012

Abbildung in dieser Leseprobe nicht enthalten

Le tourisme est devenu en ce début de troisième millénaire un des moteurs indispensables dans les progrès socio-économiques. Autrefois, uniquement présent dans les pays développés, le tourisme aujourd’hui s’exporte dans les pays en voie de développement. Néanmoins, il reste et demeure aujourd’hui, un véritable business pour les pays développés comme la France. Avec 78 millions de touristes accueillis en 2006 (Direction du tourisme, 2007), la France est depuis quelques années la première destination mondiale (Maunier, 2007).

Afin de mieux se structurer, les professionnels du secteur se regroupent aujourd’hui à travers des associations, des clusters. L’objectif étant de professionnaliser au maximum la profession, d’effectuer des actions de lobbying afin de faire entendre les diverses revendications telles que la création d’un ministère du tourisme à part entière ou celle d’un « chèque vacances européen ».

La bulle internet a également permis d’accroitre l’offre des professionnels grâce au e- tourisme. Il est désormais facile pour des usagers de programmer et commander leurs vacances en quelques clics de souris ainsi que d’avoir accès à une multitude d’offres en tout genre. On peut notamment souligner l’importance qu’ont pris des sites tel que lastminute.com bien souvent au détriment des agences de voyage classique. En effet, le secteur du tourisme ainsi que de nombreux autres telle que la photographie sont touchés de plein fouet par cette concurrence « déloyale » qu’offrent les sites internet. Par ailleurs, il convient de notifier que les sites d’e-tourisme proposent la plupart du temps des offres à faible coût, dans des endroits se rapprochant souvent des stations balnéaires. Il ne s’agit ni plus ni moins que du tourisme de masse visant à concentrer le maximum de personnes à un endroit afin de faire baisser les coûts et par conséquent d’attirer le maximum de gens. C’est un cercle vicieux dont l’argent est le principal moteur.

Pour contrer celui-ci, il existe comme vu plus tôt un tourisme alternatif, un tourisme encore marginal mais qui se développe, il s‘agit du tourisme durable qui prône avant tout le respect de l’environnement ainsi que de toutes ses composantes que celles-ci soient humaines, matérielles ou naturelles.

2 - Le tourisme durable

A- Définition du concept

La notion de tourisme durable a émergé lors du Sommet de la Terre de Rio de 1992.

L’objectif fixé à cette époque était la réduction des impacts sur l’environnement pris dans le sens large du terme ainsi que le respect et le développement économique et culturel des populations locales. Il s’appuie donc sur les trois piliers du développement durable, à savoir, l’environnement, le pilier socio-culturel ainsi que celui portant sur l’économie.

L’organisation mondiale du tourisme évoque quant à elle la définition suivante : Un tourisme qui tient pleinement compte de ses impacts économiques, sociaux et environnementaux actuels et futurs, en répondant aux besoins des visiteurs, des professionnels, de l'environnement et des communautés d'accueil (Leroux, 2010).

Le développement d’un tourisme alternatif est devenu un enjeu majeur pour la préservation de la planète mais également pour le développement économique des acteurs locaux, lorsque les instances dirigeantes ont pris conscience à la fin du XXème siècle, que notre monde était en danger et qu’il fallait y remédier. La notion de développement durable, qui a pris naissance dans les années 70, et dont le but est de créer une vie meilleure pour tous les êtres humains par des moyens qui soient aussi viables dans l’avenir qu'aujourd'hui (OMT) doit donc s’appliquer à l’offre touristique.

Les représentations que se font aujourd’hui les personnes du tourisme durable sont quelque peu floutées. Cela est dû au fait que le tourisme durable n’est qu’un terme générique dans lequel on retrouve différents types de tourisme :

- L’écotourisme qui est une forme de voyage responsable, dans les espaces naturels, qui contribue, à la protection de l'environnement (Lequin, 2002). Bien souvent, il s‘agit de voyages en pleine nature, des treks organisés, des randonnées à la montagne, etc…
- Le tourisme solidaire qui vise à apporter son aide en marge d’un simple voyage aux populations locales.
- Le tourisme responsable appelé également tourisme éthique qui consiste à être vigilant aux effets de notre voyage sur l’environnement et à favoriser les échanges avec les locaux ainsi que leur développement.
- Le tourisme participatif qui permet aux populations d’accueil de participer aux activités touristiques ou à l’inverse qui permet aux visiteurs de participer à la vie locale.

La prise de conscience dont résultent toutes ces nouvelles formes de tourisme alternatif s’est faite aussi bien à l’échelle des états mais également à celle des touristes. Quelque peu novateur, le concept de tourisme durable s'est construit peu à peu sous 22 l'impulsion d'institutions telles que l’Organisation Mondiale du Tourisme et de l’Union Européenne (François Lecompte et Prim Allaz, 2011).

Aujourd’hui, Le tourisme doit permettre le développement économique harmonieux d'un territoire, dans le respect de l'environnement écologique du lieu et de la culture et du bienêtre de ses habitants (Hamon, 2005).

Le tourisme durable s’est au fil des années structuré en diverses associations, en clusters tels que « Association Ecotourisme Québec » ou en France avec « Acteurs du Tourisme Durable ». Ces créations laissent supposer une demande accrue et une tendance au changement dans notre façon de voyager. C’est d’ailleurs pour cela qu’existent aujourd’hui de plus en plus d’agences spécialisées dans les voyages alternatifs.

A la suite des différentes acceptions du tourisme durable évoquées ci-dessus, nous proposons notre propre définition du tourisme durable : un tourisme qui se veut préservateur de l’environnement et des écosystèmes et qui facilite l’échange avec touristes et les autochtones ou locaux tout en favorisant le développement d’une économie locale.

Néanmoins, ce concept touche-t-il réellement les voyageurs, y-a-t-il une demande significative et surtout est-ce un marché de niche ou au contraire le tourisme de demain ?

B- La demande en tourisme durable

Le XXIème siècle a vu en marge du tourisme de masse se développer considérablement, l’offre alternative loin des clichés habituels à savoir le tourisme durable.

En effet, l’offre s’est peu à peu développée, à travers la création d’agences spécialisées, de sites internet, etc. Ce développement de l’offre ne s’est pas fait par hasard, mais bien suite à l’émergence d’une demande. Comme l’indique (Lequin, 2003), l'écotourisme est le secteur de l'industrie du voyage présentant la croissance la plus rapide. Si le secteur s’accroit rapidement, il sera peut-être demain la nouvelle forme de tourisme la plus pratiquée comme on le prédit déjà (Ruiz, 2013) : le tourisme durable sera la forme touristique pratiquée par les nouvelles générations de touristes.

Cette croissance peut s’expliquer par une prise de conscience des personnes que l’environnement ainsi que les écosystèmes sont fragiles. De ce fait, la demande est plus profonde, plus respectueuse aussi bien de la planète mais aussi de ceux qui la peuplent. La nouvelle demande touristique est une "demande existentielle" (Zaoual, 2007).

Aujourd’hui, on cherche une nouvelle façon de pratiquer le tourisme, on souhaite qu’il soit plus doux et que notre voyage ne laisse pas de traces derrière nous. Le développement du tourisme durable se traduit par la recherche de pratiques douces, diffuses, non massives, limitant les fortes densités (Clarimont et Vles, 2007). Les consommateurs sont intrinsèquement intéressés par la protection de l'environnement et se comportent en conséquence dans une voie qui contribue à une plus faible empreinte écologique (Dolnicar et Leisch, 2008).

Le critère « Durabilité » semble être de plus en plus un facteur déterminant dans le choix des touristes. Aujourd’hui, consommer, voyager, se nourrir de façon durable est un véritable engagement envers les générations futures, voire même une profession de foi. Les touristes sont également plus engagés (les valeurs éthiques, humanitaires, environnementales sont plus présentes dans le processus d'achat) (Maunier, 2007).

L’aspect durabilité des produits de consommation est mis en avant tous les jours par les médias, par notre entourage. On ne peut pas passer à côté des messages qui nous incitent à consommer de façon responsable. L'idée de se préoccuper des critères sociaux et environnementaux dans sa consommation quotidienne s'est largement développée ces dernières années (François Lecompte et Prim Allaz, 2011). Il n’y a rien donc d’étonnant à ce que l’offre touristique suive le chemin tracé et que les aspects durables décuplent dans la demande. La durabilité a augmenté pour devenir un important aspect du développement touristique en général (Herr et Larson, 2007).

La demande envers le tourisme durable est donc en pleine effervescence, loin d’être une mode passagère, ce concept se veut le garant de la préservation de nos ressources et des populations. Une étude (TNS SOFRES – SNCF – ROUTARD, 2009) a démontré qu’en France, sept personnes sur dix étaient prêtes à partir en voyage responsable, ce qui laisse supposer qu’il y a un réel engouement pour les pratiques alternatives de tourisme. Ces chiffres sont corroborés par ceux qui résultent d’une autre étude (Harris Interactive, 2012) qui indique que 90% des français déclarent de manière générale se montrer attentifs à respecter l'environnement et la vie des populations lorsqu'ils partent en voyage.

Il y a donc une demande importante pour une pratique douce du tourisme, une pratique à l’opposé de l’oppressant tourisme actuel, à savoir le tourisme de masse. Cette demande est forte en France comme l’ont démontré certaines études. Ce constat est plutôt une bonne chose étant donné que la France est en effet classée au premier rang mondial par le nombre de touristes accueillis, en particulier pour les destinations d'hiver (Boudiere et Marcelpoil, 2006).

C- Les raisons de cette demande

Si la demande envers une pratique plus douce du tourisme s’est accrue depuis plusieurs années voire décennies, c’est avant tout grâce à une prise de conscience collective. En effet, depuis les prémices de la préservation de l’environnement dont les membres du Club de Rome furent les pionniers, jusqu’au sommet de la terre de Rio +20, en passant par Johannesburg en 2002 et Rio en 1992, la question environnementale prise dans le sens large du terme est devenue omniprésente.

Les associations écologistes et les spécialistes de la question, ont tiré à la fin de la période des trente glorieuses la sonnette d’alarme qui trouva un écho auprès des instances dirigeantes. Le message était clair, on ne peut plus continuer comme cela. La croissance fut telle qu’elle a engendré des impacts sur notre planète et sur ceux qui la peuplent. Il faut donc repenser notre façon de consommer, de produire afin de permettre aux générations futures de profiter eux aussi des ressources qu’offre notre environnement.

La durabilité a donc depuis les années 70 et surtout depuis la fin des années 90, pris de plus en plus d’ampleur dans notre quotidien. Largement vantée par les médias, le « consommer durable » est devenue bien plus qu’une mode éphémère. Aujourd’hui, les notions de commerce équitable, d’efficacité énergétique sont connues de tous.

Transposée au tourisme, cette nouvelle manière de consommer a aussi connu son écho. En effet, en parallèle de la croissance, s’était développé le tourisme de masse. Ce tourisme, très peu soucieux de l’environnement a également provoqué de graves préjudices aux populations et aux écosystèmes. L'essor fulgurant au niveau mondial du tourisme dans les années 1970, a engendré des problèmes sociaux et environnementaux et soulevé le problème du respect des communautés locales et de l'environnement (Leroux, 2010).

De ce fait, aujourd’hui, on a réellement pris conscience que le tourisme de masse malgré son aspect tarifaire particulièrement avantageux n’était pas gage de durabilité et ne participait en rien à la préservation de la planète dont on entend quotidiennement parler. Les produits qui couvrent le tourisme de masse marquent le pas. Ces signes avant-coureurs traduisent un essoufflement progressif de ce type de demande touristique (Zaoual, 2007). Aujourd'hui, ce modèle souvent critiqué se voit opposer l'émergence d'un nouveau modèle : le tourisme durable (François, 2008).

A la vue de ces différents éléments, on peut en conclure qu’il y a une réelle demande envers un tourisme alternatif, un tourisme qui serait gage de durabilité. Toutefois, une demande engendre-t-elle une véritable pratique ? Quels pourraient être les freins au développement de la pratique du tourisme durable ?

D - Les freins au développement du tourisme durable

Le tourisme durable bien qu’élu par la conjoncture actuelle, n’en demeure pas moins une forme de tourisme bien distincte avec certains aspects qui peuvent freiner son développement.

Tout d’abord, il existe de nombreux amalgames autour du concept du tourisme durable. Les gens ne savent pas réellement de quoi il s‘agit, le confondant la plupart du temps avec l’écotourisme. Les consommateurs sont généralement très peu informés sur le tourisme durable, la plupart n'ont d'ailleurs que peu d'idées sur la signification du concept (Brieu et al., 2011). Cette méconnaissance du concept peut donc s’avérer pénalisante, car les personnes ne s’attendent peut-être pas à voyager de telle façon lorsqu’ils voyagent de façon durable.

En second lieu, un manque d’informations vis-à-vis du concept freine également l’attirance des voyageurs désireux d’opter pour une pratique douce du tourisme. Ces faits sont corroborés par deux études. Le voyageur se considère toujours comme très intéressé par le tourisme responsable, mais mal informé (TNS SOFRES – SNCF – ROUTARD, 2009). L'accès à l'information empêche sans aucun doute de réaliser ce type de voyages et il est difficile de trouver des informations pour organiser un voyage responsable (Harris Interactive, 2012). Sans information relative, sans visibilité de l’offre des professionnels, il parait peu concevable de s’orienter vers un tourisme durable. En effet, la préparation d’un voyage durable prend plus de temps, il ne suffit pas d’aller sur des sites spécialisés comme pour le tourisme de masse. Ajouté à cette dépense de temps, un manque d’informations peut gravement nuire au développement du tourisme durable.

Si le tourisme durable semble donc être de plus en plus plébiscité par les touristes, il n’en reste pas moins que ce phénomène se heurte également au frein qu’est l’aspect pécuniaire. En effet, cette pratique est en règle générale davantage coûteuse que le tourisme classique le rendant ainsi peut être disponible seulement pour une certaine élite sociale. Le prix à payer pour bénéficier des garanties d'un tourisme responsable n'est-il l’affaire que des clients les plus aisés ? (Callot, 2010). Or, il est connu que le prix est souvent décisif dans le choix du touriste (Maunier, 2007).

Pour contrecarrer ces freins, il convient d’analyser les motivations qu’auraient les touristes pour une pratique durable durant leurs voyages. Une connaissance des motivations, de la demande permettra sans doute de passer outre les freins et de développer le tourisme durable.

3 - Les motivations envers un tourisme durable

Les motivations des personnes désirant effectuer du tourisme durable sont diverses et variées. Certaines sont très sensibles à l’aspect nature, protection des ressources naturelles et à l’inverse d’autres, espèrent avoir un impact positif sur l’économie locale en favorisant

la création d’emplois. Enfin, il y a également des voyageurs qui recherchent avant tout un dialogue avec les locaux et qui espèrent apprendre à les connaitre.

A- Les motivations liées au pilier environnemental

L’environnement étant donné son statut que l’on pourrait appeler de pilier fondamental du développement durable dû notamment aux intenses campagnes de greenwashing et des nombreux messages relayés par les médias est d’après certains chercheurs la motivation principale des pratiquants du tourisme durable.

Il est possible de scinder la motivation environnementale en deux parties :

- La recherche de la nature.
- Le déplacement avec des moyens de transport peu polluants.

Les désirs de s’immerger dans la nature, de découvrir de nouveaux paysages et de s’éloigner du stress urbain semblent être des facteurs de motivation particulièrement importants pour une certaine catégorie de voyageurs. L'intérêt des voyageurs porte principalement sur les espaces naturels, aussi bien terrestres que marins, relativement peu perturbés et les plus "authentiques possibles" (Lequin, 2002). Cette tendance à désirer retrouver ses racines, ses origines s’explique sans doute par notre vie d’aujourd’hui qui est devenue ultra-citadine et de laquelle incombent toutes les sortes de pollution (visuelle, olfactive, auditive, aérienne, etc.). Par ailleurs, l’observation de la faune ainsi que de la flore voire l’exploration hors des sentiers battus trouvent aussi leurs adeptes. Les régions naturelles, avec leur paysage, leur faune, leur flore constituent des attraits majeurs pour les touristes et cet à travers le monde entier (Lequin, 2003). En résumé, de nos jours, on recherche avant tout une proximité avec l’environnement naturel (François Lecompte et Prim Allaz, 2011).

Le déplacement grâce à des modes de déplacement moins polluants et davantage soucieux de l’environnement est également recherché par de nombreuses personnes pour leurs déplacements durant les vacances ou même pour se rendre sur l’endroit où ils logeront. On imagine notamment des déplacements en vélo, en transport en commun (bus, train, etc.) ou tout simplement la marche à pied. Ces modes de transport ne sont que faiblement émetteurs de CO2 et sont donc à l’opposé de ce que peuvent aujourd’hui représenter les voyages effectués par voie aérienne classique à savoir par les avions. Il y a une réelle nécessité de lutter contre le réchauffement climatique (Ruiz, 2013). Les personnes voient le tourisme durable comme un idéal vers lequel il faudrait tendre et cela englobe donc bien évidemment le transport, pour lequel il faut abandonner l'avion au profit du train, du bus, du bateau (Van de Walle, 2011).

B- Les motivations liées au pilier social

Les motivations sociales et économiques semblent être reléguées au second plan des motivations. D’un point de vue social, le contact avec les populations locales et la découverte de nouveaux us et coutumes sont recherchés dans une moindre mesure : Découvrir et rencontrer d'autres gens, d'autres lieux, de s'enrichir de cette rencontre en donnant un peu de soi (Vles et Clarimont, 2006).

Ce désir de rencontre et d’échange est sans doute lié à une volonté de renouer les contacts sociaux qui ont été peu à peu délaissés du fait de l’éclatement de la bulle internet et donc d‘un monde virtuel. Il y a une recherche d'authenticité, un retour aux sources et aux valeurs familiales (Maunier, 2007). Certains citadins veulent sortir de l’engrenage quotidien et retrouver des valeurs qui sont aux antipodes du célèbre « Métro, Boulot, Dodo »

On recherche également à découvrir de nouvelles cultures, de nouvelles coutumes. Cette recherche peut même aller parfois jusqu’à une totale immersion au sein des populations locales : manger et/ou dormir de la même façon, vivre les activités au sein des communautés, etc. On peut donc constater une immersion du touriste dans la culture locale (parcours à thème, festivals, découverte de lieux historiques, des traditions, etc.) (Maunier, 2007). Il y a un désir d’échanger avec l'étranger se traduisant par une immersion dans la culture locale (Van de Walle, 2011).

Ces volontés traduisent avant tout un regain prononcé pour les notions d’entraide et de partage qui sont si chères aux générations précédentes. On retrouve de véritables valeurs humaines que notre société capitalistique avait peut-être laissé de côté à un moment. Aujourd’hui, les consommateurs se préoccupent davantage des conséquences de leurs achats, ils veulent savoir à qui revient l’argent et si celui-ci est utilisé à bon escient. Dans le secteur du tourisme, cela se traduit par une recherche de la simplicité des échanges, de la proximité avec les locaux. Les touristes veulent être acteurs, responsables et solidaires dans leurs échanges avec d'autres mondes (Zaoual, 2007).

En parallèle, de cette recherche d’échange avec les populations locales, il y a aussi une réelle quête envers l’authenticité de certains lieux historiques. On souhaite s’imprégner de la culture locale en se rendant sur des lieux historiques qui y sont liés. La quête d'authenticité au travers de produits porteurs de l'identité d'un lieu et d'une culture locale, est légitime voire nécessaire pour certains individus (Perignon et Salavador, 2012). Ce désir de découverte du patrimoine historique d’une culture est corroboré par d’autres chercheurs : on peut observer que les ressources socio-culturelles représentées par l'histoire régionale jouent un rôle important dans la motivation potentielle des touristes pour sélectionner leur destination (Botos et al., 2013). Le touriste durable cherche aujourd’hui à retrouver la terre de ses aïeux, il veut visiter les terres ancestrales (De Vries et Lansing, 2007).

C- Les motivations liées au pilier économique

L’aspect économique est l’aspect du développement durable qui est le moins abordé dans la revue de la littérature relative au tourisme durable. Cela s’explique sans doute par le fait qu’il s’agit du pilier ayant le moins de communication à son égard.

Le principe du pilier économique dans le concept de tourisme durable est de s’assurer une juste répartition des richesses entre les différents intermédiaires. La majorité des recettes doit revenir aux populations locales, lesquelles s’en serviront pour se développer économiquement. Le but recherché est la création d’une économie locale qui serait viable sur le long terme.

Bien souvent, le pilier économique est associé au commerce équitable, à l’économie circulaire. Ceux-ci ont pour objectif une diminution du nombre d’intermédiaires entre le producteur et le consommateur mais également de tirer profit des déchets engendrés par la production en les revalorisant. Ces concepts sont déjà devenus au fil des années, coutumiers des consommateurs et s’adaptent dans la vie de tous les jours.

La motivation qu’aurait les touristes durables et qui aurait attrait au pilier économique est le souhait de faire travailler la population locale, faire travailler une famille (Van de Walle, 2011).

Cela peut être exercé de différentes manières :

- Loger dans des hôtels traditionnels et non pas dans des chaines d’hôtels multinationales dont les retombées économiques pour les locaux ne seraient que minimes
- Acheter sa nourriture sur les marchés et ne pas passer par des réseaux de distribution classique (supermarché, etc.)
- Utiliser les modes de transport locaux avec par exemple les pousse-pousse dans les pays asiatiques
- Acheter des souvenirs à des artisans locaux dans les échoppes et non pas dans des boutiques de souvenirs

La tendance serait donc à un retour vers les producteurs locaux, comme c’était le cas auparavant. On s’éloignerait des grands circuits de distribution (supermarchés, 30 hypermarchés) avec leurs nombreux intermédiaires pour retrouver une certaine proximité avec les producteurs.

Néanmoins, ce désir est à modérer au vue des résultats des différentes études, notamment une dans laquelle seuls 4,15% des sondés affirme que la maximisation des retombées économiques locales est pour eux le voyage durable par excellence (François Lecompte et Prim Allaz, 2011).

Chapitre II : Les stratégies de développement touristique au Maroc : visions « 2010 », « 2020 »

1. VISION « 2010 »

La vision 2010 est une stratégie touristique adopté par le Maroc qui vise à atteindre des objectifs définit pour améliorer le secteur touristique au Maroc.

A - Une performance remarquable

Le nombre de touristes internationaux se rendant au Maroc est passé de 4.4 en 2001 à près de 9.3 millions en 2010, soit une croissance annuelle moyenne de 8.7%, très supérieure à la moyenne mondiale.

Le Maroc a atteint de ce fait 93% de l’objectif qu’il s’était fixé en 2001 dans le cadre de la Vision 2010, confirmant ainsi sa capacité à changer durablement de rythme de croissance.

B - Une contribution décisive aux grands équilibres macro- économiques

a)1 er contributeur à la balance des paiements

Entre 2001 et 2010, les recettes touristiques (hors transfert des Marocains Résidents à l’Etranger) sont passées de 29 à plus de 56 milliards de dirhams, soit un taux de croissance de 7.5% par an. Les revenus issus du tourisme sont ainsi devenus la première source de devises du pays, devant les transferts de MRE, et loin devant les autres secteurs de l’économie (phosphate, textile, …)

Sur l’ensemble de la décennie, les recettes touristiques cumulées ont atteint 440 milliards de dirhams, soit 91% des montants programmés en 2001 par Vision 2010 (485 md).

b)Deuxième contributeur au PIB national

En termes de production de richesses, le Produit Intérieur Brut du secteur du tourisme est passé de 31 à près de 60 milliards de dirhams entre 2001 et 2010, soit une croissance annuelle moyenne de 7.6%, supérieure à celle de l’économie dans son ensemble.

Ainsi, la part du Tourisme dans le PIB national gagne deux points à 8% environ contre 6% au début de la décennie.

c)D eux ième créa teur d’emplois

Cette dynamique a eu un impact socio-économique important, puisque le secteur représente désormais près de 450.000 emplois directs, avec une hausse de 40% du nombre d’emplois durant la décennie.

C - Les ruptures de la Vision 2010

a) Un dispositif de promotion renforcé et professionnalisé

En premier lieu, conformément aux engagements pris en 2001, le budget de l’Office National Marocain du Tourisme (ONMT) s’est inscrit en progression continue tout au long de la décennie, atteignant 550 millions de dirhams en 2010.

Au fil de ces années, et à la faveur d’une professionnalisation croissante de ses effectifs et de ses méthodes de travail, l’ONMT est devenu un outil efficace et performant pour assurer le marketing et la promotion du tourisme marocain, contribuant significativement aux performances réalisées.

b) Un ciel libéralisé (Open Sky)

En second lieu, conformément au programme 2010, le Maroc en 2005 a été le premier pays à signer des accords d’«Open Sky» avec l’Europe. L’ouverture du ciel a provoqué une explosion de la desserte aérienne (14% de croissance annuelle), et par suite, une accessibilité accrue des principales régions touristiques du pays.

En particulier, l’entrée sur le marché de nouvelles compagnies aériennes nationales et internationales, positionnées « low cost », a favorisé le décollage de Marrakech, devenue depuis la première destination touristique africaine, et l’émergence de nouvelles destinations comme Fès et Tanger.

c) Un système de formation dynamisé

En troisième lieu, pour accompagner la forte croissance du secteur dans son ensemble, une politique volontariste de formation des ressources humaines, impliquant le Ministère du Tourisme, l’Office de la formation professionnelle (OFPPT), les acteurs privés de la formation, en coordination avec les professionnels du secteur, a permis d’accroître notablement le nombre de lauréats : 12.300 personnes formées en 2010 contre 2.000 en 2001.

d) Forte dynami que dinvestissement

La croissance des capacités a été soutenue par une augmentation importante des investissements nationaux et internationaux dans le secteur. En particulier, le tourisme s’est hissé parmi les trois premiers secteurs en termes d’investissements directs étrangers, preuve de l’attractivité du secteur touristique et de la confiance que les grands opérateurs internationaux portent à son futur développement.

e) Premi ers jal ons d’une nouv ell e g ouv erna nce

Le développement touristique national réalisé au cours de la dernière décennie a également permis de poser les premiers jalons d’une nouvelle gouvernance du secteur dans le cadre de la concertation et du partenariat public-privé définis comme principes fondateurs par la Vision 2010, même si certains résultats obtenus en la matière restent assez éloignés des attentes initiales et n’ont pas dans l’ensemble donné entière satisfaction aux différentes parties.

- Modernisation de l’ONMT, recentré sur son métier de promotion nationale et doté- de moyens conséquents pour mener à bien sa mission.
- Création par le Ministère du Tourisme de la Société Marocaine d’Ingénierie Touristique (SMIT) pour soutenir et orienter le développement de l’offre, assurer également le suivi des grands projets de la Vision 2010, le plan Azur notamment.
- Création des Conseils Régionaux du Tourisme, instances regroupant les professionnels privés, les élus et les autorités locales, pour poser les premières bases d’une gouvernance locale.
- Création de l’Observatoire du Tourisme, pour professionnaliser la publication de statistiques et d’études.
- Tenue annuelle des Assises du Tourisme pour effectuer le bilan des réalisations et débattre des priorités à venir.

2. VISION « 2020 » EN BREF

A . Engagement

« Continuer à faire du tourisme l’un des moteurs du développement économique, social et culturel du Maroc »

Les profondes et rapides transformations du pays dans son ensemble depuis dix ans, les solides fondations posées par la Vision 2010 et les opportunités offertes par les nouvelles tendances du tourisme mondial, permettent de nourrir de grandes ambitions pour la nouvelle décennie, fondées sur nos valeurs fondamentales et nos points de différentiation :

- L’authentici té : Le tourisme marocain consolide depuis plusieurs décennies son développement et le positionnement de sa marque sur l’authenticité. Ce positionnement, différent de celui de ses concurrents directs, engagés pour la plupart dans un tourisme de masse, constitue aujourd’hui un réel avantage compétitif. La Vision 2020 cultive ce choix historique à travers une démarche volontariste de préservation, de conservation et de mise en valeur des patrimoines culturels et naturels du Royaume.
- La diversité : En matière touristique, l’avantage comparatif le plus important du Maroc est sa diversité : diversité des territoires et des paysages, diversité des richesses naturelles et des écosystèmes, diversités des cultures et des influences (africaines et européennes). La Vision 2020 valorise cette diversité à travers une ambitieuse politique d’aménagement territorial.
- La qualité : Si le développement de nouvelles capacités reste un objectif stratégique, la Vision 2020 ambitionne d’améliorer de manière significative la compétitivité de tous les maillons de la chaîne touristique, et en particulier : approfondir la culture du service et développer une offre convaincante d’animations.
- La durabilité : Enfin, conformément aux orientations générales adoptées pour l’ensemble du pays, la Vision 2020 met le développement durable au cœur de ses ambitions. Le Maroc, dont les ressources ont été historiquement préservées, dispose à cet égard d’un réel et considérable potentiel de différenciation dans un environnement prospectif très concurrentiel.

B . Ambition

« En 2020, le Maroc fera partie des 20 plus grandes destinations mondiales et s’imposera comme une référence du pourtour méditerranéen en matière de développement durable »

C . Objectif

« Doubler la taille du secteur »

- Doubler la capacité d’hébergement, avec la construction de 200.000 nouveaux lits dont 150.000 hôteliers et 50.000 assimilés, pour offrir aux visiteurs une expérience touristique riche et dense.
- Doubler en conséquence les arrivées de touristes, en doublant les parts de marché sur les principaux marchés européens traditionnels et en attirant 1 million de touristes issus des marchés émergents.
- Tripler également le nombre de voyages domestiques, avec l’objectif de
démocratiser le tourisme dans le pays.
- Créer 470.000 nouveaux emplois directs sur l’ensemble du territoire national, pour employer au terme de la décennie près d’un million de marocains.
- Accroître les recettes touristiques pour atteindre 140 milliards de dirhams en 2020, soit une somme cumulée sur la décennie proche de 1 000 milliards de dirhams.
- Accroître de deux points la part du PIB touristique dans le PIB national pour atteindre près de 150 milliards de dirhams contre 60 aujourd’hui.

3. LE TOURISME DURABLE DANS LA STRATÉGIE

L'industrie touristique est une puissante locomotive de l'économie nationale qui crée une valeur ajoutée indéniable pour le Maroc. Les performances de ce secteur durant la dernière décennie, ont permis à notre pays de s'imposer comme l'une des étoiles montantes du paysage touristique mondial grâce à une politique volontariste et ambitieuse qu'est la Vision 2010. Au terme de l'année 2010, le Maroc a été placé au 25e rang mondial des performances touristiques sur le plan international et le tourisme a compté comme 1e contributeur à la balance des paiements, 2e contributeur au PIB national et 2e créateur d'emplois. A fin 2011, le tourisme représente environ 7,7 % du produit intérieur brut marocain, emploie plus de 460 000 personnes et enregistre des recettes de voyage de 59 milliards de dirhams, confortant ainsi sa position de priorité nationale. Compte tenu de ces acquis d'une part, et de la richesse du patrimoine naturel et culturel du pays et des opportunités offertes par les nouvelles tendances du tourisme mondial d'autre part, le Maroc nourrit aujourd'hui de nouvelles ambitions pour le développement du secteur touristique qui se voient formalisées dans la nouvelle stratégie décennale Vision 2020. Ambitieuse et responsable, la Vision 2020 a été élaborée selon une démarche analytique exhaustive et rigoureuse prenant en considération les divers enjeux environnementaux, sociaux et économiques qui sous-tendent l'implémentation de ce dispositif de pilotage et d'accompagnement du secteur.

Pour un tourisme propre et responsable

Au-delà des objectifs quantitatifs de croissance qu'elle se fixe (doubler la taille du secteur, des arrivées de touristes et des parts de marché sur les principaux marchés européens traditionnels et construire près de 200 000 nouveaux lits hôteliers), la Vision 2020 est avant tout une ambition qualitative pour promouvoir un tourisme authentique, propre et responsable, qui accélère le développement économique sans dénaturer le patrimoine naturel et culturel, capital de croissance. La concrétisation de cette ambition implique de s'inscrire dans un cadre stratégique repensé et renouvelé permettant de prendre en compte les défis et enjeux qui sont fondés sur 3 axes majeurs. Une politique d'aménagement territorial de l'offre touristique, garante de la diffusion des bénéfices du tourisme et du développement socio-économique de toutes les régions, un schéma institutionnel et une structure de gouvernance, à même d'apporter la dynamique et le leadership nécessaire au développement territorial touristique et enfin le développement durable comme défi et opportunité de différenciation pour le tourisme marocain.

Ainsi, le contrat-programme de la Vision 2020, signé par les partenaires publics et privés, nationaux et régionaux, matérialise une conception commune de l'avenir du secteur touristique qui ambitionne d'adopter un modèle spécifiquement marocain, faisant de la durabilité une opportunité stratégique pour différencier le Maroc vis-à-vis de son environnement concurrentiel. Le développement durable est considéré comme une opportunité et un défi à relever sur sa triple dimension de préservation des ressources, de maintien de l'authenticité socioculturelle et de souci du développement et bien-être des communautés d'accueil. Le Maroc, situé à l'orée de son développement touristique, dispose de ce fait d'une fenêtre d'opportunité unique pour promouvoir un modèle à rebours du tourisme de masse promu jusqu'à récemment par la plupart des destinations méditerranéennes. Les principaux sites marocains présentent en effet une densité touristique faible, qu'elle soit appréciée en termes d'impact socioculturel ou d'impact sur l'environnement. En comparaison avec les principales zones touristiques du pourtour méditerranéen, les destinations du Maroc restent des lieux de qualité, contrairement aux destinations plus matures. Bien entendu, le tourisme doit tenir compte des contraintes hydriques et énergétiques que connaît le Maroc en mettant en place toutes les mesures et initiatives permettant de préserver ses ressources et atouts naturels.

Des niveaux de densité acceptables au Maroc

L'analyse des niveaux de densité touristique de chacune des destinations de la Vision 2020 a permis d'établir un niveau de densité touristique à ne pas dépasser pour éviter la dégradation des écosystèmes et un impact négatif sur les communautés locales. Ce niveau a été ajusté pour chaque destination, en fonction d'un audit environnemental qui a permis d'évaluer le niveau de fragilité des écosystèmes et la disponibilité en ressources et en infrastructures environnementales. Ces niveaux de densité touristique ont ainsi à leur tour structuré les objectifs de croissance pour chacune des destinations touristiques du Maroc, intégrant la durabilité au cœur de la définition de la stratégie. Au-delà de la planification stratégique, l'objectif est de pouvoir intégrer la durabilité à tous les niveaux de la mise en œuvre de la stratégie et du cycle de vie du produit touristique. Ainsi et en matière de pilotage et de planification stratégique, la Vision 2020 a prévu de mettre en place un dispositif de suivi de la durabilité articulé autour d'un set d'indicateurs prenant en considération le respect des seuils de densité touristique, l'impact du développement touristique au niveau régional sur l'environnement, l'impact socio-économique ainsi que la perception du touriste de la durabilité tout au long de son expérience touristique. Ce dispositif, qui sera développé en partenariat avec les observatoires national et régionaux de l'environnement, se voudra à la fois comme un véritable outil de veille et de pilotage et comme un outil de promotion de l'engagement du Maroc pour la durabilité.

Des mesures réglementaires et normatives prévues

Pour garantir l'intégration de la durabilité très en amont dans la conception des projets touristiques, dans leur construction et dans leur gestion, une batterie de mesures alliant dispositifs réglementaires et normatifs obligatoires et mécanismes d'accompagnement techniques et financiers au profit des opérateurs et acteurs touristiques ont été programmées. Il est ainsi prévu d'incorporer des critères liés à la durabilité dans la réglementation touristique et en particulier le système de classement hôtelier et de renforcer les exigences en matière de durabilité au niveau des cahiers des charges des investissements touristiques conventionnés avec l'Etat notamment au niveau de sites fragiles (stations d'épuration des eaux usées, coefficient d'occupation au sol très bas, hauteurs limitées, respect des traits de côtes, utilisation des matériaux locaux, emploi de la population locale, contribution au développement économique et social de l'arrière-pays, etc.). De même, le chantier durabilité de la vision intègre la mise en place de mécanismes de renforcement des capacités des acteurs et opérateurs (partenaires institutionnels, opérateurs privés, administration du tourisme, écoles de tourisme, etc.) ainsi que des incitatifs financiers au profit des acteurs souhaitant investir dans l'optimisation des ressources (eau, énergie, déchets, etc.) et dans la durabilité (compensation des surcoûts liés à l'investissement durable, accompagnement à la certification, etc.). Cette démarche ne manquera pas également de dynamiser tout un marché lié à l'économie verte du fait de la demande générée sur les technologies propres, les équipements spécifiques, les ressources humaines spécialisées, etc. Aussi, et afin de valoriser l'engagement de la destination pour la durabilité et de faire participer le touriste à la mise en œuvre des principes de durabilité que le Maroc a adoptés, la Vision 2020 prévoit aussi la mise en place d'une stratégie marketing ciblée ainsi qu'une batterie d'outils de sensibilisation et de communication (charte/référentiels du tourisme durable au Maroc, guides du voyageur responsable, encouragement des démarches de labellisation, etc.).

Chapitre III : Etude de cas « TERRES d’AMANAR »

1. Présentation du Projet

Terres d’Amanar est un projet éco touristique unique en son genre, à 35 km de Marrakech, tout près de Tahanaout. A la fois au niveau du concept, comme au niveau de l’esprit de gestion et celui de la finalité, en tant qu’investissement progressif qui s’intègre parfaitement dans son environnement et cadre ainsi avec un développement durable quasi parfait. Son concepteur Jean Martin Herbercq, a voulu dès le départ que le projet soit fait avec et pour les gens qui l’entourent. C’en est vraiment le cas. Terres d’Amanar emplois les habitants de quatre douars avoisinants et crée des activités qui font vivre la population locale environnante dans une concertation et une dynamique de développement exceptionnelles.

Terres d’Amanar offrent un espace de grand air, entouré de montagnes, qui vient renforcer le produit touristique de la destination Marrakech et lui apporter une plus-value particulière. Terres d’Amanar abrite le plus grand parc de parcours aérien en Afriques, avec 1085 mètres de Tyroliennes. L’ensemble se compose d’un pont de singe de 165 m ; une passerelle de 105 m et quatre tyroliennes : 200 m, 185 m, 135m et la plus longue tyrolienne d’Afrique avec 310 m suspendue à 120 m de hauteur. Un parcours aérien des plus sensationnels, dans un cadre super écologique, agréable et vivement tonifiant avec son air pur des montagnes de l’Atlas.

L’Accro-Park est une autre attraction qui complète, peut même précéder les activités des tyroliennes, dans la mesure où c’est plus physique alors que les tyroliennes sont plus sensationnelles. L’accro-Park est composé de trois parcours allant du bleu, réservé aux enfants de 7 ans, au rouge pour les plus d’1,20m et le noir, plus physique de tous, plus dure aussi, réservé aux plus de 12 ans et qui mesure plus de 1,45 m. Le tout est fait avec grand professionnalisme, du côté des équipements comme du côté encadrement. Tous les parcours sont toujours supervisés, contrôlés par des moniteurs bien formés et diplômés qui assistent les visiteurs dans toutes les étapes.

Ce côté formation, est l’autre point positif du projet Terres d’Amanar, car il a permis à de jeunes marocains d’apprendre un nouveau métier qui renforce à la fois le développement du tourisme rural, tourisme des loisirs de plein air et le tourisme au Maroc. Avec les moniteurs formateurs : Rabii Akka, Taoufiq Mnoute et Rabii Arif, diplômés CQP, (diplôme agréé par le ministère français compétent en la matière), une vingtaine de jeunes ont été formés sur place, par des marocains et travaillent avec la compétence requise en la matière. C’est à la fois un grand acquis pour Terres d’Amanar mais également un acquis en matière de savoir-faire spécialisé nécessaire au développement de ce genre d’activités au Maroc. Terres d’Amanar aura l’honneur d’être la bonne école et le noyau dur, la pépinière dont le développement de notre tourisme en matière de loisirs de plein air a grandement besoin. On ne dira jamais assez, mille fois merci, Jean Martin de cette participation et de celle belle réalisation unique en son genre et à tout point de vue.

L’esprit d’équipe à Terres d’Amanar est une vraie composante du projet lui-même. à l’accueil, dans les cuisines, dans les restaurants, dans l’hébergement, en terminant par les loisirs et sports, l’esprit d’équipe domine à tel point qui s’est développé dans un cadre familial formidable, dans une ambiance de travail décontractée qui participe au bon séjour des visiteurs. L’ambiance à Terres d’Amanar est une vraie ambiance anti-stress, dans un environnement naturel exceptionnel, aussi bien le jour que la nuit, avec un bon bain de nuages et de silence parfait. Les neuf chefs d’équipe de terres d’Amanar conduisent tous à la même vitesse, le même sérieux et la même conscience professionnelle qui ne fait que renforcer le bonheur des visiteurs. Tous les ingrédients sont présents et font la réussite indiscutable du projet.

En famille, comme dans un Team building, en groupe réduit ou non, les activités se font dans le grand air, avec des innovations bien particulières, genre bowling berbère ou polo à dos d’âne. Les petits avec leur parc de loisirs trouvent leur bonheur, les parents celui de voir leur progéniture heureuse, décontractée dans un environnement où l’oxygène pur envahit vos poumons, vous tonifie et vous entoure là ou vous allez, tout le long du séjour. Avec les différents types de randonnées, les activités dans les ateliers, la visite chez l’habitant dans les douars avoisinants, c’est alors la rencontre, en partie, du Maroc profond, avec toute sa diversité culturelle, ethnique, civilisationnelle, qui enrichit à la fois le produit touristique marocain et qui fait du marocain un citoyen des plus ouverts, des plus accueillants, des plus sympathiques, ce qui participe grandement à la satisfaction profonde du visiteur.

Il est à savoir en effet, que 90% de la clientèle des terres d’Amanar, est marocaine, dans le segment individuel. Pour ce qui est des entreprises, 70% sont marocaines et 30% internationales ; voyages d’entreprises, team building, concentration d’équipe etc… La demande marocaine exprime le grand besoin que vit notre tourisme et sa disponibilité à consommer marocain, lorsque cela vaut le coup ; La tendance marocaine se renforce d’ailleurs avec l’évolution du projet notamment en matière d’hébergement : bivouacs, lodges en dur, tentes lodges, mariée à des activités de loisirs en perpétuelle développement. C’est l’essence même du projet qui vise le développement de plusieurs niches à la fois, dans le tourisme rural et de loisirs. Très bonne continuation à Terres d’Amanar, l’une des fiertés touristiques de la belle destination Marrakech, composante première du produit touristique national.

2. Le concept de la durabilité dans ce projet

À 35 minutes de Marrakech, à quelques heures des capitales européennes, le domaine des Terres d’Amanar offre aux Voyageurs en quête d’évasion un panorama exceptionnel sur les villages et les sommets enneigés du Haut Atlas. Aux portes de la réserve forestière du Toubkal, à 1200 mètres d’altitude, cet Eco lodge, totalement intégré dans le paysage et la culture berbère, accueille les voyageurs, en individuel ou en groupe, en couple ou en famille. Au cœur de ce refuge exceptionnel, loin du tumulte urbain, chacun est invité à se ressourcer et à renouer avec la nature tout en découvrant la richesse des paysages et des traditions.

En parfaite harmonie avec l’environnement, le domaine défend une architecture durable et privilégie l’ouverture vers l’extérieur. Trois villages sont répartis sur ce site de 120 hectares, correspondant chacun à un style de séjour et à un type d’hébergement : Et nobles. Et le soir, lorsque le soleil a disparu derrière les douars et les contreforts des montagnes alentours, l’éclairage à la bougie reste privilégié.

Dans la journée, les Terres d’Amanar offrent un large panel d’activités aux grands comme aux petits : activités sportives, Culturelles ou tout simplement pauses bienêtre. Tyroliennes, ponts suspendus, Accro-Park et parcours VTT permettent de redécouvrir les éléments et de s’y confronter L'escalade, randonnées pédestres, à dos d’âne ou à cheval offrent des moments de relaxation privilégiés tandis que les ateliers de cuisine ou d’initiation à l’artisanat local permettent de dialoguer avec les habitants et de partager des expériences fortes.

Les « Terres d’Amanar » ont remporté le Trophée du Tourisme Responsable du Maroc et ont obtenu le label « La Clef verte » en 2011. Elles sont l’un des exemples phare d’un tourisme marocain respectueux, « vert » et authentique. L’équipe, composée En majeure partie d’habitants de la région et de professionnels de tous horizons, motivés par les différentes facettes de ce concept ambitieux, accueille les visiteurs avec chaleur et enthousiasme !

Les Terres d’Amanar offrent à leurs hôtes, qu’ils soient marocains ou étrangers, un voyage au cœur de la culture marocaine, à la Découverte d’une nature généreuse et préservée. Savourer un thé à l’ombre des amandiers face au sommet de l’Oukaïmeden, rêver le temps d’une sieste, admirer les moutons qui paissent tranquillement au loin et refaire le monde au coin du feu, avec en toile de fond les mille et une lumières de Marrakech, les Terres d’Amanar invitent à l’essentiel.

3 . Le côté environnemental dans ce projet

L’ambition de ce concept touristique innovant : être une « réserve naturelle d’énergie » pour les visiteurs et favoriser le retour sur soi, remettre l’humain et la nature au cœur des projets, être un acteur d’un développement touristique respectueux et durable pour tous, en priorité pour cette région rurale et ses habitants, totalement associés au projet. Tout a été pensé et conçu en parfaite harmonie avec l’environnement local, qu’il soit naturel, économique ou culturel. Les Terres d’Amanar encouragent des valeurs simples : refus du gaspillage et économies d’énergie, approvisionnement local et promotion des produits du terroir, organisation du recyclage sur le site et la région, transmission des savoirs et des compétences.

Un séjour sur les Terres d’Amanar, c’est une envie de nature et de découverte, l’occasion de faire un break, de profiter de l’air pur. C’est aussi prendre le temps de découvrir ou de redécouvrir le Maroc différemment, que ce soit lors d’un séjour dans cette région encore peu connue ou lors d’une escapade à partir de Marrakech.

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DES ESP ACES INTÉ GRÉS ET INSPI RÉS P AR L’EN VIRON NEM ENT BER BÈRE

Les trois villages du site ont chacun leur identité propre et, grâce à la topographie exceptionnelle des lieux, sont totalement indépendants les uns des autres. L’hébergement est idéalement conçu pour des voyages en solo ou à plusieurs – en famille, entre amis ou en groupes – il se décline en :

- Lodges – composés d’une ou deux chambres, d’un patio ou d’un jardin, et d’un vaste salon qui peut être utilisé en chambre supplémentaire, ils offrent toutes les prestations de l’hôtellerie haut de gamme pour les voyageurs individuels.
- Bivouacs – pour les inconditionnels de la tente et des nuits à la belle étoile, à destination des groupes & incentives
- Tentes lodges – dans un esprit d’hôtellerie de plein air, idéal pour les familles, les écoles & les groupes

Plusieurs espaces d’activités et de restauration, là encore sous tente ou en dur, permettent à chacun de composer son séjour à la carte, au gré de ses envies et de son budget, que ce soit sur la journée ou pour un séjour de plusieurs jours. Les piscines, l’espace enfants entièrement en bois ou la roseraie sont quelques-uns des points de rendez-vous qui rythment la vie du site.

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L’HÉBER GEME NT : NOBL ESSE DES MATÉ RIAUX TR ADITION NELS ET CONFORT CONTEMPORAIN

Dans la pure tradition berbère, les Terres d’Amanar accueillent leurs hôtes dans des espaces offrant le plus grand des conforts sans artifices, ni superflu. La structure de l’habitat traditionnel berbère – avec ses patios et ses terrasses – a été conservée, permettant ainsi à chacun de profiter pleinement d la vue et des paysages. La décoration des bivouacs, des lodges et des espaces d’accueil ou de restauration, inspirée de l’esthétique et des savoir- faire de la région, a été réalisée en collaboration avec les artisans de la vallée pour la ferronnerie, le travail du bois ou du cuir.

Les motifs des tissus, les tapis en lainage, les couleurs pastel – ocre, rouge, beige – et les matériaux naturels, sobres et nobles – bois, pierre et pisé – dessinent une atmosphère conviviale, favorisant la détente et l’évasion. Chaque lodge est décoré différemment et une attention particulière a été apportée aux moindres détails : robinetterie en cuivre, éléments de salle de bains sculptés en bois brut, objets anciens, etc.

L’ARCHI TECTU RE DU SI TE : TE CHNIQ UES É COLO GIQUE S ET SAVO IR­FAI RE LOCAUX

Le lieu a été pensé en parfaite continuité avec le site naturel et les villages avoisinants. L’architecture allie les méthodes de construction régionales – murs en pisé, briques en terre comprimée – et les dernières méthodes de construction écologiques, tout en favorisant l’utilisation de matériaux sains, issus de la région, pour diminuer l’impact du transport. Dans chaque espace, les procédés de ventilation traditionnelle, de chauffage et de climatisation passive ont été favorisés. Sur le site, des moyens permettant d’économiser l’eau, de la stocker et de la canaliser ont été mis en place. Un système de compost, de recyclage et de tri sélectif est en cours d’installation.

Parallèlement, plusieurs systèmes sont expérimentés afin d’être généralisés a tout le site et a la région : arrosage des plantations par capillarité, installation d’un bassin d’épuration naturel, etc. Plusieurs experts internationaux sont intervenus et ont participé à la formation du personnel sur ces questions. Au sein de l’équipe, un responsable du développement et de l’environnement est chargé de former et d’évaluer avec les employés les axes d’amélioration dans leur pratique quotidienne, mais également de sensibiliser les touristes et les habitants de la région à ces questions.

Une démarche de certification et de mise en place d’un label de qualité environnementale et culturelle est actuellement élaborée et d’autres pistes d’optimisation sur le long terme sont encore envisagées.

4. Les actions sociales dans ce projet

En langue Tamasheq, « Amanar » est le nom de la constellation d’Orion, qui indique l’Est et l’Ouest et permet ainsi de trouver l’étoile Polaire qui guide les nomades et les voyageurs. Ce concept touristique innovant, qui allie le plaisir du voyage et le respect de l’environnement local a été conçu avec et pour les habitants de la région.

Plus qu’un projet touristique classique, Terres d’Amanar c’est une aventure et un état d’esprit partagé porté par ses créateurs, les personnes qui y travaillent et des actionnaires dont l’engagement financier et éthique a permis la faisabilité sur une charte environnementale et sociale loin des projets touristiques habituels et sur le long terme car le temps est une composante essentielle pour le développement d’un tel projet. Entre 25 et 80 ouvriers des villages voisins ont construit pendant 4 ans l’ensemble des structures sur des méthodes de construction régionales en terre et travaillent aujourd’hui sur les projets en cours (village artisanal, centre équestre). 55 personnes travaillent sur l’exploitation (hébergement/restauration/entretien), 25 personnes sur le parc d’activité. Des experts venus de différents horizons interviennent régulièrement sur des points précis (traitement des eaux, décorations, formations diverses, etc.).

L’implication sociale de Terres d’Amanar, qui fait vivre plus de 200 familles de la région, passe également par la mise en place de formations spécifiques avec des intervenants extérieurs ou à l’interne, de cours d’alphabétisation ou la prise en charge d’une mutuelle pour les employés. Si l’équilibre est parfois ténu entre respect des traditions, le développement touristique et l’ouverture que représente – notamment pour les femmes – l’opportunité de travailler sur le site, les Terres d’Amanar ont su convaincre et ont permis la mise en place d’un réseau valorisant toute l’activité de la région.

Conclusion

Parvenus au terme de notre analyse sur l’apport social d’une politique de tourisme durable sur les populations du Maroc, force est de constater que notion de tourisme durable est très importante, autrement dit, elle est la plus adéquate pour le Maroc comme pour la majeur partie des pays africains, car le principe de tourisme durable implique de préserver, en vue d’en tirer parti non seulement aujourd’hui, mais encore demain, les ressources naturelles, historiques et culturelles auxquelles le tourisme à recours. Ces ressources peuvent être d’ailleurs bonifiées grâce à lui. La préservation des ressources est très importante, pour le Maroc car en tant que pays pauvre, elle lui permet de mieux gérer et économiser ces ressources et de les conserver à long terme. En outre, le terme « tourisme durable » signifie que : la mise en valeur du tourisme n’induit pas de problèmes écologiques ou socioculturels ; que la qualité générale de l’environnement des lieux touristiques est conservée, voire améliorée. Les différents acteurs du tourisme au sein du pays doivent donc travailler à l’élaboration et l’adoption d’une politique de tourisme durable qui pour développer le tourisme et améliorer les rendements de cette activité (sur le territoire Marocain) perçue comme l’un des piliers du commerce international. A ce niveau la planification et la formulation d’une politique de tourisme durable adaptée aux réalités du pays est très importante et décisive pour la mise en œuvre des plans et projets adoptés. Cependant, la politique de tourisme durable reste une idée générale qui doit être appliquée à tous les niveaux de décisions, de production de bien et service et même de rentabilité répondant à un souci global de longévité, et de conservation.

Les ressources naturelles, culturelles et humaines étant les principaux atouts du Maroc, le tourisme durable s’avère bénéfique pour la dynamisation de l’activité dans le pays, en effet, cette forme de tourisme qui se donne pour objectif de répondre aux besoins des touristes et plus encore à ceux des communautés locales par l’aménagement de meilleures conditions de vie (aménagement d’infrastructures, augmentation de revenus, création d’emplois), s’intègre parfaitement au riche paysage naturel marocain regroupé dans les zones rurales, souvent désenclavées et pauvres. Cette situation de pauvreté peut être changée si à toutes les formes d’activités touristiques pratiquées dans les provinces du pays, on applique les principes de la durabilité, en mettant l’accent sur la création d’emplois, l’augmentation des revenus et l’aménagement des infrastructures que nécessite chaque région. La clé du succès pour le développement du tourisme durable est donc l’implication des collectivités rurales ou locales, dont la collaboration est capitale pour l’implantation de tout projet écotouristique.

Par ailleurs le tourisme marocain souffre de plusieurs maux généralement basés sur l’inadéquation des structures et activités touristiques aux réalités du pays lié à un manque de compétences des cadres et employés du secteur. Le tourisme durable à travers la formation et la sensibilisation des employés, des professionnels, des populations et des touristes veut combler cette lacune, en inculquant à chacun des notions de communication interculturelle qui amènent à mieux se comprendre, et à se conformer aux besoins et exigences des uns et des autres, pour un bénéfice global de la société, et une préservation du patrimoine local.

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Résumé des informations

Pages
53
Année
2016
ISBN (Livre)
9783668927766
Langue
Français
N° de catalogue
v457808
Institution / Université
Sultan Moulay Sliman University
Note
Good
mots-clé
vers maroc tourisme

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Titre: Vers un tourisme durable au Maroc