Chargement...

L'ordre des mots et la démarche

Thèse de Bachelor 2002 43 Pages

Didactique - Français - Pédagogie, Didactique, Linguistique

Extrait

Table of Contents

1. Introduction

2. La mise en relief
2.1. La mise en relief dans la langue écrite
2.1.1. La répétition lexicale
2.1.2. La répétition syntactique avec le plus souvent dédoublement du pronom
2.1.3. Le tour de présentation qui permet de détacher l’élément jugé important
2.1.4 La mise en relief avec «C’est … qui/que»
2.2 Fausses constructions clivées
2.3 D’autres tours de présentation
2.3.1 Les intensifs et le renforcement lexical obtenu par d’autres moyens quela répétition
2.3.2 Les intensifs
2.3.3 Conclusion
2.4 La mise en relief dans la langue parlée
2.5 Résumé

1. Introduction

Cette dissertation va analyser le chapitre «L’ordre des mots et la démarche» de Vinay et Darbelnet dans Stylistique compareé du français et de l’anglais[1]. On va contrôler l’exactitude de ce chapitre en analysant soit les exemples donnés soit les explications. De plus, on va comparer les faits donnés aux autres livres sur la syntaxe en français et en anglais pour pouvoir établir soit les avantages soit les désavantages du livre analysé.

L’ordre des chapitres dans Stylistique comparée du français et de l’anglais[2] ne correspond pas toujours à l’ordre des chapitres de cette dissertation á cause de l’importance et du contenu des chapitre individuels.

L’ordre des mots[3] est normalement figé et dépend du lexique et de la morphologie[4]. La démarche «semble être l’exploitation de certaines préférences dans la présentation des faits»[5] qui est «jusqu’à un certain point, de l’option»[6]. Cela est aussi appelé «l’ordre psychologique»[7]. L’ordre grammatical ne correspond pas toujours à l’ordre psychologique[8]. Il est typique pour la démarche française de ne pas commençer une phrase par l’essentiel[9] parce que l’emphase se trouve à la fin d’une phrase française. Cela n’est pas le cas en anglais. En anglais, chaque élément d’une phrase peut être mis en relief. Cette restriction en français est la raison pour les constructions différentes en français et en anglais don’t on va parler dans l’analyse suivante.

2. La mise en relief

Vinay et Darbelnet décrivent la mise en relief comme «l’ensemble des moyens servant à insister sur un segment de l’énoncé»[11]. Ils distinguent trois sortes de mise en relief: la mise en relief grâce à la phonétique, grâce à la syntaxe et grâce au lexique[12]. Une autre distinction est faite par Vinay et Darbelnet entre la mise en relief dans la langue écrite et dans la langue parlée[13].

2.1. La mise en relief dans la langue écrite

2.1.1. La répétition lexicale

Les mots mis en relief en anglais sont normalement «notés par des italiques ou autre signe graphique»[15] [16]. Les exemples[17] de Vinay et Darbelnet sont:[10] [14]

1. It is very nice.
2. It is a very fine picture.
3. Yes, indeed.

Les mots «very» et «indeed» sont notés par des italiques. Des mots comme «very», «indeed», «quite» et «much»[18] rendent le message de la phrase plus intensif[19] et en même temps, ils mettent l’accent sur les mots auxquels ils se référent. Dans la phrase «It’s very nice»[20], le mot «very» est d’un côté mis en relief par des italiques, d’autre côté, l’adjectif «nice» est intensifié par lui.

En français, on utilise, d’après Vinay et Darbelnet[21], la répétition lexicale pour la traduction des phrases anglaises précédentes. Les traductions[22] sont:

1. C’est très, très bien.
2. C’est un très, très beau tableau.
3. Oui, oui.

Dans les phrases françaises, les mots sont répétés pour obtenir la mise en relief. Ce n’est pas le cas en anglais. Le français a besoin de deux mots égaux pour obtenir le même effet qu’on obtient en anglais avec des italiques et des «intensifs»[23], comme, par exemple, «very» et «indeed».

Vinay et Darbelnet prennent l’anglais comme point de départ dans ce chapitre et ils essayent de trouver la meilleure traduction. Ils donnent premièrement l’impression qu’une phrase française comme, par exemple, «C’est très bien» n’est pas une propre solution parce qu’il manque le deuxième «très». Mais cette phrase est aussi bonne que la phrase «C’est très, très bien»[24].

Deuxièmement, la répétition en anglais de «very», par exemple, est aussi possible. En anglais, des mots comme «very», «much», «far», «so» etc. peuvent être répétés pour obtenir une mise en relief[25]. La phrase anglaise «It is very, very nice» tient le même sens que la phrase «It is very nice»[26]. La seule différence est la répétition de «very» dans la première phrase et des italiques dans la deuxième phrase. La traduction «C’est très, très bien»[27] serait une meilleure traduction pour la phrase anglaise«It is very, very nice».

Troisièmement, la répétiton lexicale en français est typique pour la langue française parlée[28]. La répétition lexicale n’est pas nécessairement dans la langue écrite. Les phrases françaises sont plus formelles sans la répétition lexicale.

2.1.2. La répétition syntactique avec le plus souvent dédoublement du pronom

Un autre moyen français[29] servant à insister sur un segment de l’énoncé est la répétition du pronom avec un dédoublement. Vinay et Darbelnet donnent des exemples suivants[30]:

1. I know you, Dinah! Je te connais bien, moi !
2. His was all right, but hers was rather poor. Le sien à lui allait encore, mais celui de Jeanne était fort médiocre.

Dand le premier exemple, l’emphase du mot anglais «I» est traduite en français par la répétition de «je» par le pronom personnel disjoint «moi» à la fin de la phrase française.

Dans la deuxième phrase anglaises, «his» n’est pas seulement traduit par le pronom possessif«le sien» mais «à lui» est ajouté pour obtenir la mise en relief. C’est le même avec «hers» et «celui de Jeanne», mais le pronom démonstratif est utilisé. Cette répétiton syntactique avec le dédoublement du pronom n’est pas possible en anglais.L’emphase en anglais dans la langue écrite est notée par des italiques.

La position du pronom en français peut varier. I l peut se trouver au début de la phrase comme, par exemple, dans la phrase «Moi, je veux travailler le soir, mais lui pas»[31] où à la fin de la phrase «Je veux travailler ce soir, moi»[32]. Non seulement les sujets d’une phrase peuvent être mis en relief par ce moyen d’emphase, mais aussi les objets. L’objet «me» dans «Why pick on me[33] devient «me» et «à moi» dans la phrase «Pourquoi me faire ça, à moi?»[34].

Vinay et Darbelnet ne décrivent pas des phrase comme «Je veux, moi, travailler ce soir». Elles sont aussi possibles, le pronom peut être placé au centre du phrase[35]. La possibilité de utiliser le pronom personel disjoint de la troisième personne sans sujet n’est pas mentionné non plus. Un exemple est la phrase «Lui pourrait le faire»[36], « He could do it». Cette mise en relief n’est pas possible à la première et à la deuxième personne[37].

2.1.3. Le tour de présentation qui permet de détacher l’élément jugé important

Dans ce chapitre, Vinay et Darbelnet présentent plusieurs méthodes de présentation et d’emphase d’un élément important dans une phrase. D’entre elles, la mise en relief avec «C’est … qui/que»[39] est la plus connue et la plus fréquente dans la langue française.[38]

2.1.3.1. La mise en relief avec «C’est … qui/que»

Bien que cette méthode d’emphase est très fréquente, Vinay et Darbelnet n’attirent pas l’attention des lecteurs sur ce tour de présentation. Ils donnent seulement deux phrases commes exemples[40] [41]:

1. I did it. C’est moi qui l’ai fait.
2. Only you wouldn’t let me. Mais c’est toi qui n’as pas voulu.

Il n’y a pas de présentation similaire dans les deux exemples anglais. Le «you» dans la deuxième phrase est aussi mis en relief par le mot «only», mais ces moyens d’emphase vont être traités dans le chapitre prochain.

Vinay et Darbelnet présentent seulement la mise en relief avec la construction «C’est … qui». C’est utilisé pour mettre en relief le sujet d’une phrase. Mais on peut aussi mettre l’accent sur l’objet ou sur un complément circonstantiel[42]: «Non, c’est/ce sont les vieux quartiers qu’elle aime»[43]. «Les vieux quartiers» sont les objets directs de la phrase et à cause de cela, on utilise la construction avec «que»[44]. Pour les objets indirects dans la phrase «Non, c’est à Paris qu’elle habite» où «à Paris» est un complément circonstantiel.

Le verbe est le seul élément d’une phrase qui ne peut pas mis en relief avec cette construction[45].

Vinay et Darbelnet donnent l’impression que ces constructions sont des tours de présentation, mais on les utilise plus pour l’emphase d’un élément d’une phrase et aussi pour l’opposition de deux éléments. La fonction des constructions clivées dépend du contexte:

1. Tour de présentation: C’est Jean qui est mon mari.

Dans cette phrase, le sujet «Jean» est présenté à quelqu’un sans emphase particulière.

2. Emphase/Opposition: C’est Pierre que j’ai vu hier[46].

L’emphase est sur «Pierre», il est «opposé au reste des gens que j’aurais pu voir»[47]. Le locuteur a seulement vu «Pierre» hier et pas d’autres gens. La phrase pourrait aussi continuer avec «… et pas Paul». C’est l’opposition entre «Paul» et «Pierre». Mais cela dépend du contexte.

La phrase «C’est Pierre que j’ai vu hier»[48] unit deux phrases. Premièrement, le locuteur a vu quelqu’un hier et deuxièmement, cette personne est «Pierre»[49].

Toutes les deux phrases de point 1 et 2 peuvent être interprétées inversement. L’exemple[50] prochain va expliquer cela: C’est la secrétaire que j’ai vue. Premièrement, cette phrase peut seulement présenter la secrétaire à quelqu’un. Deuxièmement, la phrase dit que «cette secrétaire est la secrétaire que»[51] le locuteur a vu et troisièmement, le locuteur a vue la secrétaire «et non pas le directeur»[52], par exemple.

Vinay et Darbelnet décrivent ce tour de présentation comme un moyen de mise en relief, mais leurs exemples français ne sont pas suffisants et ne prennent pas en considération toutes les constructions et interprétations possibles dans la langue française.

De plus, ils ne parlent pas de ce moyen d’emphase dans la langue anglaise. Bien qu’ils utilisent l’anglais comme langue de départ dans cette chapitre, il leur faudrait mentionner que ces constructions sont aussi possibles en anglais et pas seulement en français. Exemples:

1. C’est Pierre qui a frappé Paul[53]. It was Peter who hit Paul[54].
2. C’est Paul que Pierre a frappé[55]. It was Paul whom Peter hit[56].

«C’est» est traduit par «it». Au lieu de «who» ou «whom», on peut aussi utiliser «that». Exemple: It is Julie that/who buys her vegetables in the supermarket[57].

Commes dans les phrases françaises, l’emphase se trouve au début de la phrase[58], mais l’introduction avec «it is» n’est pas un tour de présentation, on utiliserait plus «that is» pour la présentation en anglais. L’emphase et l’opposition sont aussi possibles en anglais.

Fausses constructions clivées

Vinay et Darbelnet ne mentionnent pas les «fausses constructions clivées» qui sont présentées dans d’autres livres de grammaires. Ces constructions ressemblent aux constructions clivées dont on a parlé dans le chapitre précédent. Exemples français:

1. «Celui qui a volé mon stylo, c’est Luc.»[59]
2. «Ce qui m’ennuie, c’est que vous soyez toujours en retard.»[60]

Ces exemples ressemblent aux constructions disloquées à gauche, l’élément disloqué est un rélatif libre[61] et le reste de la phrase est une phrase d’identification[62],[63].

Il y a aussi des fausses construction clivées en anglais. Exemples anglais[64]:

1. «What I’m going to do to him is teach him a lesson.»
2. «Here is where the accident took place.»

Le premier exemple présente la dislacation à gauche, le deuxième exemple montre la dislocalisation à droite.

Les constructions en anglais et en français se rapprochent. Concernant leur construction, elles ressemblent plus aux phrases disloquées[65] qu’aux phrases clivées.

[...]


[1] J. P. Vinay, J. Darbelnet, Stilistique compareé du français et de l’anglais. Méthodes de traduction (Paris: Les Éditions Didier, 1958).

[2] Ibid.

[3] “l’orde grammatical”, cf. ibid., p. 201.

[4] cf. ibid.

[5] ibid.

[6] ibid.

[7] ibid.

[8] cf. ibid., p. 202.

[9] Cf. ibid.

[10] cf. ibid., pp. 207/208.

[11] Ibid., p. 207.

[12] Cf. ibid.

[13] cf. ibid.

[14] ibid., pp. 208-210.

[15] Cf. ibid., p. 209.

[16] Ibid., p. 208.

[17] Ibid., p. 209.

[18] Cf. Randolphe Quirk, Sidney Greenbaum, Geoffrey Leech et Jan Svartvik , A Comprehensive Grammar of the English Language (London: Longman Group Limited, 1985), p. 472.

[19] Cf. ibid

[20] Vinay, Darbelnet, p. 209.

[21] Cf. ibid., p. 209.

[22] Ibid.

[23] cf. Quirk, Greenbaum, Leech, Svartvik, p. 472.

[24] Vinay, Darbelnet, p. 209.

[25] Cf. Quirk, Greenbaum, Leech, Svartvik, p. 473.

[26] Vinay, Darbelnet, p. 209.

[27] Ibid.

[28] cf. la chapitre suivante

[29] cf. Vinay, Darbelnet, p. 209.

[30] Ibid., p. 209.

[31] Roger Hawkins, Richard, Towell, French Grammar and Usage (London: Arnold, 2001), p. 72.

[32] Ibid.

[33] Vinay, Darbelnet, p. 209.

[34] Ibid.

[35] cf. Hawkins, Towell, p. 72.

[36] Ibid., p. 72.

[37] Cf. ibid.

[38] Vinay, Darbelnet, p. 209.

[39] “constructions clivées”, Monique L’Huillier, Advanced French Grammar (Cambridge: Cambridge University Press, 1999), p. 37.

[40] Vinay, Darbelnet, p. 210.

[41] Ibid.

[42] Günter Freitag, Alfred, Göller, Cours Intensif 2 (Stuttgart: Ernst Klett Schulbuchverlag GmbH, 1991), p. 10.

[43] Ibid.

[44] ibid.

[45] CF. Maurice Grevisse, Le Bon Usage (Paris-Gembloux: Éditions Duculot, 1980), p. 590.

[46] Jean Dubois, Françoise Dubois-Charlier, Éléments de Linguistique Française. Syntaxe (Paris: Libraire Larousse, 1970), p. 184.

[47] Ibid.

[48] ibid.

[49] cf. ibid.

[50] ibid., p. 185.

[51] Ibid.

[52] ibid.

[53] Nicolas Ruwet, Problems in French Syntax. Transformational-Generative Studies (London: Longman Group Limited, 1976), p. 16.

[54] Ibid.

[55] ibid.

[56] ibid.

[57] Quirk, Greenbaum, Leech, Svartvik, p. 89.

[58] Cf. Ibid, p. 1389.

[59] Jones, p. 528.

[60] L’Hullier, p. 37.

[61] Une construction dans laquelle une phrase relative modifie une phrase nominale sans substantif principal (cf. Jones, p. 513.).

[62] Cf. Jones, p. 528.

[63] Ces phrases décrivent un individu ou identifie l’individu décrit (cf. Jones, p. 68.).

[64] Quirk, Greenbaum, Leech, Svartvik, p. 1388.

[65] Cf. “la dislocation”

Résumé des informations

Pages
43
Année
2002
ISBN (ebook)
9783638407670
ISBN (Livre)
9783638731720
Taille d'un fichier
619 KB
Langue
Français
N° de catalogue
v42826
Institution / Université
University of London – French Department
Note
1,0
mots-clé
Aspects Contemporary French

Auteur

Partager

Précédent

Titre: L'ordre des mots et la démarche