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Est-ce qu’il y a encore des héros tragiques dans la littérature africaine francophone contemporaine?

Le cas du héros Grégoire dans le roman "African Psycho" d’Alain Mabanckou

Dossier / Travail 2013 15 Pages

Etudes des langues romanes - Français - Littérature

Extrait

Table des matières

1. Introduction

2. La tragédie ou le mot « tragique »

3. La caractérisation d’une figure tragique dans la littérature

4. Le cas d’ African Psycho d’Alain Mabanckou
4.1 Résumé du roman African Psycho
4.2 La caractérisation de Grégoire Nakobomayo dans African Psycho

5. Analyse et argumentation : Les éléments tragiques dans African Psycho

6. Conclusion

7. Bibliographie

1. Introduction

Pendant les dernières vingt années, un nouveau secteur s’établissait au champ littéraire : une vague des œuvres des auteurs africains francophones conquérait le marché international. En ce qui concerne les auteurs, il s’agit d’une « nouvelle génération » (vgl. Diop 2001 : 2-7) : la génération des « enfants de la postcolonie » (vgl. Waberi 1998 : 10). Strictement parlant, c’est une génération d’écrivains qui ont des racines en Afrique noir, même si leurs domiciles actuels peuvent se trouver à n’importe quel endroit du monde. Les œuvres des auteurs nommés se distinguent par une étude très spéciale qui s’appelle le « writing back » (vgl. Schüller 2008 : 9). En plus, la désignation « writing back » était inspirée par le titre d’un livre anglais qui s’appelait The Empire writes back (vgl. Ashcroft/Griffith/Tiffin 1989). Cette étude a de particulier que les textes sont marqués par une critique à l’idée de l’eurocentrisme littéraire et par une critique à l’image donnée par la colonisation qu’avait lieu dans les années soixante. A cause de l’actualité et de la mondialisation du domaine, beaucoup de chercheurs suivent cette piste et font de la recherche sur le sujet. Ces romans semblent être très exotiques et différents d’un côté, même si de l’autre côté, ils ont aussi des qualités très habituelles, occidentales et plutôt familières. En ce qui concerne la lecture, il s’agissait de Place des f ê tes de Samy Tchak, de Le c œ ur des enfants l é opards de Wifried N’Sondé et d’ African Psycho d’Alain Mabanckou. Bien que j’aimasse tous les trois romans, African Psycho m’a donné l’incitation à écrire cette mise au point, car le caractère du Grégoire Nakobomayo me faisait penser à une citation très connue d’Aristote de manière inattendue :

C’est une imitation faite par des personnages en action et non par le moyen d’une narration, et qui, par l’entremise de la pitié et de la crainte, accomplit la purgation des passions. (Aristote chapitre VI, 1980.)

Après la lecture de cette définition du mot « tragique » d’après le philosophe grec Aristote, il reste à savoir si on peut vraiment comparer le roman africain francophone contemporain avec la tragédie classique. Ce qui semble très grotesque au premier regard, fournit une base très intéressante pour l’élaboration d’un nouveau projet de recherche au champ littéraire. Dans cet essai, je vais donc essayer de creuser qu’on peut vraiment identifier certains aspects de la tragédie dans le roman africain francophone contemporain en prenant en compte le roman African Psycho d’Alain Mabanckou. Tout d’abord je vais présenter quelques définitions des mots « tragique » et « la tragédie ». Ensuite, il y a des traits de caractère qui caractérisent un personnage tragique dans la littérature. Après, on va s’intéresser au roman African Psycho d’Alain Mabanckou. Pour facilement comprendre le roman, il suit un résumé du texte et une caractérisation du protagoniste, Grégoire Nakobomayo. Finalement, il y l’analyse et l’argumentation qui va prouver qu’ils se trouvent des éléments de la tragédie dans le roman africain francophone contemporain d’Alain Mabanckou. À la fin, il y a le résumé qui énumère tous les arguments importants de la mise au point et qui donne une vue ensemble au développement du roman africain francophone contemporain.

2. La tragédie ou le mot « tragique »

Pour prouver qu’il y a des éléments tragiques dans le roman africain francophone d’aujourd’hui, on doit premièrement comprendre ce qui exprime le mot « tragique » et pour cette raison, on va tout d’abord prendre en considération quelques définitions de la « tragédie ». Le dictionnaire Petit Robert définit le mot « tragédie » comme suit :

Dans la Grèce antique, Œuvre lyrique et dramatique en vers, née du dithyrambe, représentant quelque grand malheur arrivé à des personnages célèbres de la légende ou de l’histoire […]. (Rey-Debove/Rey 2012 : 2593)

Cette citation montre que le genre littéraire de la « tragédie » est en général classé dans le drame. En conséquence, la « tragédie » se trouve régulièrement dans des pièces de théâtre (vgl. Glück 2010 : 32/33). Les racines de ce genre datent du 5ième siècle et on fait la différence entre plusieurs approches différents des philosophes grecques : il y par exemple une définition d’après Sophocle, une d’après Aristote et une d’après Sénèque (vgl. Wallace 2007 : 10). A l’origine, la « tragédie » fonctionnait comme le miroir de la société de l’ancienne Grèce : les pièces de théâtre écrites par des philosophes estimés traitaient des sujets de la vie politique et sociale. En plus, la démocratie et le pouvoir des individus étaient d’une importance primordiale dans ce contexte-là (vgl. Ebd. 2007 : 10). Néanmoins, la plupart des œuvres traitant la « tragédie » est inspirée par la « Poésie » (Aristote chapitre VI, 1980) qui inclut une définition traditionnelle d’Aristote (vgl. Wallace 2007 : 117). Bien qu’il y ait aussi des définitions plus modernes, on va s’intéresser à celle d’après Aristote car, comme déjà mentionné, l’origine de presque toutes les définitions déduisent de la définition dans la Po é sie. Alors, dans sa conception de la « tragédie », Aristote essayait à non seulement représenter les événements actuels dans la société grecque, mais encore d’intégrer et étudier les sentiments humains et leurs effets sur les auditeurs (vgl. Ebd. 2007 : 118). Un autre aspect de ce genre consiste à l’hypothèse que la « tragédie » ne peut pas exister sans un acte propre qui est bien structuré et qui suit un ordre logique. En ce qui concerne la forme, on doit ajouter que l’action ou bien l’histoire de la « tragédie » doit épanouir toute sa complexité au cours des nombreux événements. En conséquence, la « tragédie » peut être considérée comme un processus dans lequel les décisions spécifiques du protagoniste influencent et déterminent le cours de l’action. D’après Aristote, il est aussi important que le protagoniste prenne une décision fausse pendant la transition du début au centre de la « tragédie » qu’on appelle « hamartia » (vgl. Bushnell 2008 : 85). A la suite de cette décision erronée, le protagoniste subit une péripétie : il découvre qu’il se trouve dans un état de vraie abjection sans opportunité au s’échapper qu’Aristote définit comme « anagnorisis » (Wallace 2007 : 119). Au déroulement du « tragique » les sentiments humains montrent leur rôle important : jusqu’à la fin de la « tragédie » les spectateurs sentent de la « pitié » et de la « peur » qui sont finalement remplacées par la « catharsis » (vgl. Frick 2003 : 84). Cette « catharsis » signifie une purification, une purgation ou un nettoyage concernant les sentiments de la pitié et de la peur. Ainsi, « la tragédie » traite les émotions qui ne sont pas activées dans la vie quotidienne par les « réveiller » et par les calmer à la fin (vgl. Ebd. 2003 : 86). Par conséquent, non seulement l’audience, mais encore le protagoniste soi-même connaissent cette purgation des émotions et des passions (vgl. Ebd. 2003 : 88).

3. La caractérisation d’une figure tragique dans la littérature

Le chapitre précédent nous donne une base parfaite pour le développement d’une caractérisation d’un personnage tragique. Alors, on a déjà constaté que la « tragédie » se concentre notamment sur l’activité et le protagoniste (vgl. Rimmon-Kenan 2008 : 34). Même si l’activité peut être considérée plus importante que le protagoniste (vgl. Hühn 2009 : 19), la construction traditionnelle de la figure du protagoniste et son rôle dans la « tragédie » sont pourtant importants à connaître pour l’identification des éléments tragiques concernant la figure de Gr é goire dans le 5ième chapitre.

Le caractère d’un homme est constitué par des traits fixes qui relèvent de sexe, de sa condition sociale, de son âge, et même de son habitus, c’est-à-dire de sa pente naturelle vers le bien ou le mal […]. (Forestier 2010 : 242.)

Cette citation de Forestier montre très bien comment la personnalité d’une figure se compose des différentes pièces : à l’un côté, le caractère est influencé par son environnement social, son âge et par son sexe, à l’autre côté, des facteurs comme son habitude de prendre des décisions concernant tous les domaines de la vie sont constitutifs pour la formation d’un caractère (vgl. Ebd. 2010 : 242/243). Pour introduire les qualités tragiques d’un caractère dans la littérature, on doit tout d’abord faire la distinction entre le « caractère » ou la « personnage » et la « figure » (vgl. Pfister 2001 : 221). Les mots « caractère » et « personnage » ont une tendance de façon réaliste, pendant que le mot « figure » montre la fiction du protagoniste (vgl. Pfister 2001 : 221). Il est important de savoir qu’il y ait une différence pour suivre le cours de l’analyse et interprétation dans le 5ième chapitre. Après avoir fait une idée des mots théoriques, on peut maintenant se consacrer aux autres traits de caractère d’une figure tragique. Dans le 2ième chapitre on a déjà découvert que la figure la plus importante dans une « tragédie » est toujours représentée par le protagoniste qui passe par un processus de développement. Au début de la « tragédie », ce protagoniste suscite des sentiments comme pitié et peur chez les spectateurs. Puis, il prend une décision fausse (« hamartia ») (vgl. Bushnell 2008 : 85) qui lui met dans une situation délicate : il se rend compte de sa décision erronée et quand même, il doit se résigner à son sort (« anagnorisis ») (Wallace 2007 : 119). A la fin de la « tragédie » les sentiments de la « pitié » et de la « peur » sont remplacés par la « catharsis » (vgl. Frick 2003 : 84). Tous ces stades de développement donnent la figure un « caractère rond » qui s’exprime par un grand nombre des traits de caractère différents (vgl. Pfister 2001 : 224/225). En plus, le protagoniste doit ignorer le code grec qui recommande aux personnes de ne pas rencontrer des difficultés et de rester tranquille pour vraiment devenir une figure tragique (vgl. Bushnell 2008 : 88/89). Au fil des ans, quelques philosophes ont développé des caractéristiques supplémentaires en ce qui concerne la caractérisation d’une figure tragique : Sophocle déduit une conception dans laquelle tous les éléments de la tragédie se concentrent sur une seule figure dominante. Cette figure est aussi représentée par le protagoniste, mais on doit mentionner que cette figure se distingue par des décisions absolument incompréhensibles et en outre, ce protagoniste est seulement loyal envers lui-même (vgl. Ebd. 2008 : 88/89).

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Résumé des informations

Pages
15
Année
2013
ISBN (ebook)
9783668352773
ISBN (Livre)
9783668352780
Taille d'un fichier
579 KB
Langue
Français
N° de catalogue
v345418
Institution / Université
Johannes Gutenberg University Mainz
Note
1,7
mots-clé
est-ce grégoire african psycho mabanckou

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