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La mise en texte littéraire de l’intégration sociale dans les trois œuvres données

«Le bouddha de banlieue» de Hanif Kureihshi, «Un artiste du monde flottant» de Kazuo Ishiguro et «Les enfants de minuit» de Salman Rushdie

Dossier / Travail 2014 19 Pages

Didactique - Français - Litérature, Œuvres

Extrait

Table des matières

1. Introduction

2. Résumés des trois œuvres
2.1 Le bouddha de banlieue
2.2 Un artiste du monde flottant
2.3 Les enfants de minuit

3. Biographies et particularités à l’écrit des trois auteurs
3.1 Hanif Kureishi
3.2 Kazuo Ishiguro
3.3 Salman Rushdie

4. Contexte historique
4.1 Le 20e siècle : L’Angleterre et l’Inde
4.2 Le 20e siècle : Le Japon est sa culture exceptionnelle

5. Analyse
5.1 L’intégration sociale et la quête d’identité des personnages des trois romans

Bibliographie

1. Introduction

Être un marginal : Comment on est perçu? Il y a six personnes qui le savent exactement. D’un côté, il s’agit de trois auteurs anglo-saxons et de l’autre côté les personnages qu’ils ont créé dans leurs romans. Chaque auteur a tenté de mélanger individuellement l’histoire, la culture et la société de son pays en inventant les personnages principaux qui sont décrits dans les pages suivantes. Mais ces romans ne traitent pas seulement des événements historiques, mais également de l’intégration sociale et de la quête d’identité. Les auteurs ne reculent devant rien et dévoilent les secrets les plus étonnants. L’Inde et le Japon, quelle image de ces deux pays les lecteurs ont-ils? S’il n’y a rien, ce serait anormal de ne pas remplir le cerveau avec un tel savoir.

Est-ce que le passé peut devenir un traumatisme et que fait-on si personne rend hommage à quelqu’un ? Comment peut-on s’intégrer de cette façon ?

Dans les pages suivantes, on va étudier les biographies des trois auteurs ainsi que le milieu d’où ils viennent pour qu’on puisse analyser la mise en texte littéraire de l’intégration sociale dans les trois œuvres données : « Le bouddha de banlieue » de Hanif Kureihshi, « Un artiste du monde flottant » de Kazuo Ishiguro et « Les enfants de minuit » de Salman Rushdie. En bref, il s’agit de trois voyages dans le temps. Mais on verra !

2. Résumés des trois œuvres

2.1 Le bouddha de banlieue

Le roman « Le bouddha de banlieue » écrit par Hanif Kureishi et publié en 1999, raconte l’histoire de Karim Amir, un jeune garçon de 17 ans dans l’univers des années 70 et 80. Le personnage est accompagné de l’adolescence à la vie adulte. Fils d’une autochtone anglaise et d’un immigrant indien, il a passé sa vie dans une banlieue londonienne peu animée. L’impulsion de l’action du récit vient de Haroon, le père indien de Karim, qui a décidé de se consacrer à la réincarnation, se trouvant dans l’esprit des bouddhistes, ainsi qu’aux cours de yoga. Haroon tombe amoureux de l’Anglaise, Eva, qu’elle a rencontré dans les milieux de yoga. Après le divorce de Haroon et Margaret, la mère de Karim, ce dernier connaît une autre étape dans sa vie ; La vie en ville à côté du nouveau couple qui se recompose de son père, sa nouvelle femme et le fils d’Eva, Charlie. A Londres, Karim se fait les dents dans le métier d’acteur en laissant l’étroitesse de la banlieue derrière soi. Simultanément, il découvre la ville comme nouvelle expérience et comme un défi pour lui. Pendant le déroulement de la vie de Karim, le lecteur apprend parallèlement ce que les personnages de son entourage font et les missions auxquelles ils sont confrontés. Premièrement, l’attention est fixée sur le demi-frère de Karim, Charlie. Celui-ci crée le groupe de punk « The Condemned » et devient une célébrité scandaleuse. Deuxièmement, la vie de Jamila, la cousine de Karim, est racontée. La femme émancipée tente de s’imposer auprès de son père concernant les règles qu’il échafaude. En même temps, elle essaie de batailler pour trouver sa place dans la société anglaise. En outre, sa mère Jeeta traverse un développement positif vers son indépendance. Avec le père de Jamila, Anwar, et son gendre indien, Changez, Kureishi réussit à se moquer de l’étroitesse d’esprit traditionnelle et asiatique concernant les rôles dans la famille. C’est la raison pour laquelle, Changez est le seul personnage qui ne change pas – ironiquement, étant donné son nom.

Finalement, on découvre que Kureishi familiarise le lecteur avec les hésitations sexuelles de Karim, ses premiers succès en tant qu’auteur ainsi que les déboires de sa famille divisée – à cause de son père qui change fondamentalement toute la vie de Karim en se transformant. Le père devient un homme s’autoproclamant « bouddha de banlieue » et « maître spirituel ».[1]

2.2 Un artiste du monde flottant

Le récit « Un artiste du monde flottant », écrit pas Kazuo Ishiguro et publié en 1986, se déroule au Japon dans les années qui suivent la deuxième guerre mondiale. Le personnage principal, Masuji Ono, un peintre vieillissant, se souvient de son histoire et les fautes qui se sont produits dans le passé. Pendant le récit, Ono tente de revenir dans le passé comme un essai pour se construire son identité et de plus, il veut assimiler son traumatisme et les mémoires qu’il a dû vivre.

Ishiguro commence par la convention du mariage au Japon. Ono se fait de souci pour le mariage de sa jeune fille. Un an avant, un mariage est déjà tombé à l’eau, apparemment à cause du passé d’Ono. Et dans le cas actuel, il parait que cela se répéte pendant les négociations de mariage. Le passé, qui a l’air de déranger sa vie après la guerre, est décrit de la manière suivante : Dans les années 30, Ono s’est détourné de l’art du monde, soi-disant, flottant, la représentation traditionnelle des scènes des quartiers chauds du Japon, et il a mis son travail au service du nationalisme et de l’expansionnisme japonais. Cette époque-là, lui a rapporté de la gloire et de la réputation, Ono est confronté, à l’heure actuelle, aux accusations et aux refus. Même dans sa propre maison, il ne se trouve plus d’œuvres de lui.

En suivant la proposition de sa plus vieille fille, le personnage principal commence un voyage très douloureux. Les personnes qui autrefois ont bu ses paroles, ne veulent plus rien faire avec lui. Ishiguro décrit comment l’histoire du Japon s’est développée, et comment la plus jeune génération sourit du regret tardif des générations anciennes.

Sur la foi de l’époque actuelle, les pensées d’Ono font une digression dans le passé avant la deuxième guerre mondiale ; ses débuts comme artiste, ses expériences avec des maîtres différents et ses réussites comme artiste réalisant des œuvres à des fins de propagande.

A côté de la thématique politique, la relation entre élève et maître joue un très grand rôle dans les mémoires d’Ono. Même ici, Ono est reconnu coupable, car il a abusé de son pouvoir politique pour nuire à son élève du conservatoire, n’étant pas d’accord avec ses opinions politiques et son développement artistique.[2]

Finalement, le roman est vu comme mélange de souvenirs, d’occidentalisation ainsi que d’impressions. Il s’agit « d’un récit d’une rencontre, entre une vision et une pensée, mais aussi entre des souvenirs anciens et actuels, de cette actualité blessée par la destruction et l’occupation américaine. »[3]

2.3 Les enfants de minuit

Le roman « Les enfants de minuit » écrit par Salman Rushdie et publié en 1983, raconte l’histoire d’un garçon s’appelant Saleem Sinai qui est l’aîné des enfants de minuit, étant nés dans l’instant zéro du 15 aout 1947 quand l’Inde est devenu indépendante. Ceux-ci incarnent l’espoir, qui est attaché au développement autonome du pays, et la déception.

Le personnage principal, Saleem, fils d’un Anglais et d’une Indienne simple, grandi dans une famille fortunée de Bombay, comme changelin – la sage-femme a pris pour le sien le véritable Sinai, Shiva, avec Saleem dans une acte quasiment rebelle. Saleem est doté de compétences exceptionnelles comme par exemple un don télépathique, permettant des échanges de vues sur l’évolution de la nation avec les autres enfants de minuit à travers le pays.

Mais s’il est impliqué dans des événements politiques, il sera plutôt le victime que le coupable. A cause d’un accident, Saleem rentre dans une dispute sur le langage administratif, il perd temporairement toute sa famille pendant l’une des guerres indiennes-pakistanaises à Karachi et il perd également sa mémoire. En outre, il s’égare et se joint à un groupe se composant des bateleurs de Dakha avec lequel ce dernier revient en Inde. Après son arrivée, il a dû se soumettre à une stérilisation forcée suite à de nouvelles mesures d’urgences. A cause du mariage de la bateleuse « Parvati-the-Witch », mise enceinte par Shiva, l’ennemi de Saleem, ce dernier rend ce fils Aadam à sa famille légitime. Une autre boucle est bouclée, quand Saleem revient à Bombay où il écrit ses mémoires comme homme de 30 ans sous la protection de l’ancienne domestique.

Finalement, on observe que Saleem, comme marginal et comme enfant de minuit, incarne l’expérience désastreuse du témoin de l’époque. Il transmet l’image du nouveau départ national qui n’est pas à la hauteur du défi de créer une démocratie pluriethnique avec l’hétérogénéité des langues, des races et des classes. Les fondations d’États de l’Inde, du Pakistan et du Bangladesh offrent des modèles à Saleem pour la construction de l’avenir.

Saleem fait une course contre la mort apparemment proche pour donner un sens à sa vie et pour léguer un héritage à son fils adoptif.[4] L’action du roman fait penser à « Mille et une Nuit ».

3. Biographies et particularités à l’écrit des trois auteurs

3.1 Hanif Kureishi

Hanif Kureihsi, l’auteur du roman « Le bouddha de banlieue » lègue beaucoup de sa propre histoire dans ses livres dont les histoires sont contées. Cela ne concerne pas seulement la période dans laquelle se déroule l’action de ses romans, mais encore sa manière d’agir et d’assimiler le passé.

Né le 5 décembre 1954 à Bromley, Kent, enAngleterre et premier fils de ses parents, il a grandi, comme Karim dans le roman décrit, chez une Anglaise et un Indien qui a immigré en 1947 de l’Inde en Angleterre – après l’indépendance de l’Inde. Il a étudié à Londres et à Lancaster la philosophie et il a financé ses études en travaillant en tant qu’auteur sous le pseudonyme d’« Antonia French » et de « Karim Pornografie ». Même ici, on remarque l’influence concernant le choix du nom de son protagoniste du roman. Il a utilisé le nom de son pseudonyme pour son personnage principal, Karim. En 1984, Kureishi a commencé à faire des voyages en Asie. Tout d’abord, il a découvert la culture du Pakistan, où il a écrit le scénario de « My beautiful Laundrette ». En 1987, pendant son voyage en Inde pendant lequel il a adopté beaucoup d’expériences sur cette culture en tant qu’écrivain. Après la naissance de ces trois enfants, en 1998, il a commencé à donner des cours de « Creative-Writing » à « Kingston University » à Londres ; dans cette ville, il y vit toujours.

Ce que Kureishi a essayé de découvrir entre autres en voyageant, c’est de se trouver soi-même et de s’identifier avec son histoire. La citation suivante résume cette pensée d’une manière convaincante et courte : « These days everyone was insisting on their identity, coming out as a man, woman, gay, black, Jew - brandishing whichever features they could claim, as if without a tag they wouldn’t be human. »[5]

Comme dans les œuvres de beaucoup d’autres auteurs du moderne, on peut également interpréter chez Kureishi, l’adieu aux idéaux de l’éducation classique. Pour ce roman « Le bouddha de banlieue », on utilise également le terme « roman d’éducation ». Dans le programme d’éducation idéaliste, il s’agit normalement de trouver dans sa propre personnalité une raison de vivre et de voyager, comme décrit dans « Wilhelm Meisters Lehrjahre » de Goethe, avec mission d’arriver à la destination. Par contraste, les personnages de Kureishi sont toujours confrontés avec l’échec des structures familiales, sociales ainsi que culturelle.[6]

[...]


[1] Eschweiler, Gabriele (2014): Kritisches Lexikon zur deutschsprachigen Gegenwartsliteratur. Munzinger Verlag, Ravensburg, p.5s.

[2] Fricke, Stefanie (2009): Kritisches Lexikon zur deutschsprachigen Gegenwartsliteratur. Munzinger Verlag, Ravensburg, p. 3.

[3] Culture Confiture: http://cultureconfiture.over-blog.com/article-litterature-un-artiste-du-monde-flottant-de-kazuo-ishiguro-38303193.html/11.11.14

[4] Kreutzer, Eberhard (2012): Kritisches Lexikon zur deutschsprachigen Gegenwartsliteratur. Munzinger Verlag, Ravensburg, p.3.

[5] Kureishi, Hanif: The Black Album (1995), http://www.goodreads.com/author/quotes/13081.Hanif_Kureishi/ 12.11.2014

[6] Eschweiler, Gabriele (2014): Kritisches Lexikon zur deutschsprachigen Gegenwartsliteratur. Munzinger Verlag, Ravensburg, p.1s.

Résumé des informations

Pages
19
Année
2014
ISBN (ebook)
9783668097834
ISBN (Livre)
9783668097841
Taille d'un fichier
578 KB
Langue
Français
N° de catalogue
v311110
Institution / Université
Université Paul-Valéry Montpellier 3 – UFR1
Note
1,3
mots-clé
œuvres hanif kureihshi kazuo ishiguro salman rushdie

Auteur

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